Aidé par l’Etat, ArcelorMittal investit gros pour décarboner son site de Dunkerque


Pour réduire les émissions de son site de production d’acier de Dunkerque, en remplaçant un haut fourneau par des fours électriques, ArcelorMittal va investir jusqu’à 1,8 milliard d’euros, financés en partie par les aides de l’Etat, a annoncé dimanche le gouvernement. Les travaux devraient permettre de réduire de près de 6% les émissions de CO2 du secteur industriel en France, a affirmé dimanche le ministre de l’Economie Bruno Le Maire en présentant le projet à des journalistes.

L’Etat apportera une aide, validée par l’Union européenne, qui pourra aller jusqu’à 850 millions d’euros en fonction des investissements effectivement réalisés, a précisé Bercy.

“Un accord historique”

Le président Emmanuel Macron a salué “un accord historique” permis par le plan France 2030 dédié à l’innovation. “À terme, c’est plus d’1% de nos émissions de CO2 supprimées”, s’est-il félicité dans un message sur le réseau LinkedIn. L’argent débloqué par l’entreprise et l’Etat permettra de construire deux fours électriques ainsi qu’une unité de réduction directe du fer, première étape pour produire l’acier décarboné.

Ces installations fonctionnant à l’électricité et au gaz, et à terme à l’hydrogène, se substitueront à un de ses hauts fourneaux fonctionnant au charbon, symboles de la sidérurgie mais fortement polluants. L’usine fait partie des 50 sites industriels les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France. Au total, les investissements devraient permettre de réduire les émissions de CO2 du site de 4,4 millions de tonnes par an.

Un projet redimensionné 

Les investissements n’ont pas encore été complètement validés par ArcelorMittal mais l’entreprise effectue actuellement les études finales, a précisé Bercy. Les fours et l’unité de réduction directe du fer devraient commencer à fonctionner en 2027. Bruno Le Maire se rendra lundi sur place en compagnie du ministre de la Transition écologique Christophe Béchu pour signer le contrat d’aide de l’Etat, réalisé sous l’égide de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Sera également présentée à cette occasion une lettre d’intention entre l’entreprise et EDF devant garantir au site un approvisionnement stable et compétitif en électricité.

Le groupe, numéro deux mondial de l’acier, avait déjà annoncé début 2022 vouloir investir 1,7 milliard d’euros dans la décarbonation de ses sites à Dunkerque et à Fos-sur-Mer. Il s’agit du même projet mais redimensionné. Depuis, “nous avons franchi plusieurs étapes clés en parallèle: première phase d’études d’ingénierie, approbation par la Commission européenne du soutien de la France, signature d’une lettre d’intention avec EDF pour l’approvisionnement en électricité et convention de fonctionnement avec l’Ademe”, a indiqué un porte-parole d’ArcelorMittal. Il n’a pas précisé dans l’immédiat si les investissements prévus à Fos-sur-Mer étaient toujours d’actualité.

“Une victoire majeure”

Bruno Le Maire a estimé que la confirmation de la volonté d’ArcelorMittal d’investir sur le site était “une victoire majeure pour la France”. Quatre sites de l’entreprise, en Allemagne, en Belgique, en Espagne et en France, étaient en concurrence, a-t-il indiqué. Le plan américain pour l’industrie verte (Inflation Reduction Act) rendait aussi “très attractif un investissement aux Etats-Unis”, a ajouté le ministre. La France a, selon lui, tiré son épingle du jeu grâce à “la disponibilité de l’énergie nucléaire à Gravelines” et la possibilité d’assurer à long terme l’approvisionnement en électricité au site, grâce au soutien publié négocié avec Bruxelles et grâce à “la stabilité de notre politique économique”.

Lundi, Bruno Le Maire se rendra plus tôt dans la journée sur le site de la centrale nucléaire de Gravelines pour son premier déplacement depuis qu’il a récupéré à Bercy, à la faveur du remaniement, la charge de l’énergie. Le fait que cette mission ne dispose plus d’un ministère propre “ne marque aucun retour en arrière” dans la décarbonation de l’économie du pays, a assuré le ministre. Cela va au contraire lui donner “un nouvel élan” pour faire de la France la première économie verte européenne en 2040, a-t-il déclaré. “Le fait d’avoir l’énergie sous notre autorité nous permettra d’accélérer encore cette transition climatique et de mettre tous les moyens économiques et financiers de Bercy au service de cette ambition”, a insisté Bruno Le Maire.



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