Condamné à verser plus de 500 millions de dollars, Donald Trump a-t-il du souci à se faire pour sa fortune ?



Romain Rouillard / Crédit photo : TAKAYUKI FUCHIGAMI / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP

Pour Donald Trump, les nouvelles les plus récentes sont plutôt bonnes. Le milliardaire new-yorkais est assuré, depuis la nuit dernière, d’obtenir l’investiture du Parti républicain en vue de la présidentielle américaine de cette année où il affrontera l’actuel locataire de la Maison-Blanche, Joe Biden, dans un remake du dernier scrutin. Une éclaircie dans un océan de tumultes pour l’ancien président, notamment sur le plan financier. 

La fortune de Donald Trump connaît en effet quelques déboires ces derniers temps. La faute, entre autres, aux innombrables ennuis judiciaires qui s’amoncellent devant lui. L’ancien président a récemment déposé une garantie de 91,6 millions de dollars auprès du tribunal fédéral de New York pour faire appel de sa condamnation à 83,3 millions de dollars dans l’affaire de diffamation de l’auteure Elizabeth Jean Carroll. Celle dernière l’avait accusé de l’avoir violée dans les années 1990. 

Une fortune difficile à quantifier

Mais surtout, le magnat de l’immobilier doit s’acquitter d’une colossale amende atteignant près de 454 millions de dollars, intérêts compris. Une somme qu’il doit verser à l’État de New-York pour avoir surestimé la valeur de ses biens, afin d’obtenir des prêts bancaires avantageux. Un montant vertigineux pour le commun des mortels, mais aussi pour Donald Trump. Ses avocats ont d’ailleurs fait savoir, à la fin du mois de février, que leur client n’avait tout simplement pas les moyens de s’acquitter d’une telle somme.

D’abord parce que sa richesse réelle reste entourée de mystères. “Sa fortune a fait l’objet de beaucoup d’articles, mais en réalité, on la connaît très peu. Il cultive le secret”, remarque Jean-Éric Branaa, spécialiste des États-Unis. Selon le magasine Forbes, elle s’élèverait actuellement à 2,6 milliards de dollars, mais ce chiffre est difficilement vérifiable. En témoigne l’amende gargantuesque qui lui a été infligée, précisément pour avoir gonflé la valeur de cette fortune.

 

“Et lorsqu’il évoque sa fortune, il inclut ses hôtels, ses terrains de golf… Mais tous ces avoirs ne sont pas en liquidité. Il n’a pas cet argent à la banque”, note Anne Toulouse, journaliste franco-américaine, auteure de deux ouvrages dédiés au milliardaire new-yorkais. Une fortune difficilement quantifiable et surtout en baisse par rapport à 2022 où elle atteignait 3 milliards de dollars, toujours selon Forbes. 

Un préjudice d’image

Comme dans l’affaire qui l’oppose à Elizabeth Jean Carroll, Donald Trump a la possibilité de déposer une caution afin de faire appel de cette amende de plus de 450 millions d’euros. “C’est comme lorsque vous mettez de l’argent à la caisse des dépôts”, illustre Anne Toulouse. Une somme qui lui sera restituée, si d’aventure sa condamnation devait être annulée. “S’il consigne cette somme, il pourra passer par des fonds qui permettent d’obtenir des prêts d’argent, allant jusqu’à 10% de la somme que vous consignez”, tempère Jean-Éric Branaa. Néanmoins, le temps presse pour l’ancien président qui doit impérativement trouver un moyen de se procurer, en liquide, une immense somme d’argent d’ici à la fin du mois de mars. 

Pour y parvenir, Donald Trump pourrait devoir vendre une partie de ses biens immobiliers. “Des biens qui perdraient énormément d’actifs si jamais il devait les vendre rapidement”, note Jean-Éric Branaa. Sans compter qu’une cession d’une partie de ses biens lui causerait un important préjudice d’image. “Le plus dur pour lui serait de vendre des biens marquants, comme la Trump Tower”, remarque Anne Toulouse. Et au regard de la situation, aucune hypothèse, selon elle, ne saurait être écartée.

Pour Donald Trump, l’ultime espoir pourrait résider dans l’introduction en bourse de son réseau social Truth qui lui apporterait environ 4 milliards de dollars. Un scénario, qui débarrasserait le milliardaire d’un certain nombre de tracas, mais auquel Anne Toulouse ne croît guère. “Je serais très étonné que son réseau entre en bourse. Ce n’est pas une entreprise très rentable”, souligne-t-elle. Truth accumule en effet les pertes depuis son lancement. La valeur de la société mère du réseau, détenue à 90% par Trump, est passée de 730 millions de dollars à moins de 100 millions. 



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