Coopération Moscou-Pyongyang, situation à Gaza… Emmanuel Macron et Xi Jinping se sont entretenus au téléphone


La Chine doit “contribuer nettement plus” à l’aide humanitaire fournie par l’ONU aux civils palestiniens, a affirmé lundi la présidence française après un appel entre Emmanuel Macron et son homologue chinois Xi Jinping. À ce jour, le soutien de Pékin à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) “est extrêmement limité, de l’ordre d’environ un million de dollars par an, et nous encourageons donc au plus haut niveau les autorités chinoises à faire beaucoup plus”, a dit l’Élysée à des journalistes.

Paris appelle aussi Pékin, “qui est peu ou prou le premier partenaire commercial de chaque pays du Moyen-Orient”, à “pouvoir aussi utiliser cette influence afin d’éviter toute escalade” dans le conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas. Selon la télévision d’État chinoise, les deux dirigeants “ont échangé leurs points de vue sur le conflit israélo-palestinien et estiment tous deux que la priorité absolue est d’éviter une nouvelle détérioration de la situation entre la Palestine et Israël, en particulier pour éviter une crise humanitaire plus grave”.

“Relation forte avec l’Iran” 

L’appel entre les deux hommes, qui se sont vus en avril à Pékin et Canton à l’occasion d’une visite d’État du président Macron, survient à quelques jours d’un déplacement de la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna dans la capitale chinoise. Elle arrivera à Pékin jeudi soir et tiendra vendredi une conférence de presse conjointe avec son homologue Wang Yi.

 

La communauté internationale doit “agir d’urgence” pour mettre fin à la “catastrophe humanitaire” à Gaza, a déclaré lundi ce dernier à des diplomates de pays arabes et à majorité musulmane, venus, eux aussi, à Pékin. “La Chine est un acteur qui pèse plus qu’auparavant dans la région”, et elle “a une relation forte avec l’Iran”, relève-t-on de source diplomatique française. “La première chose qu’on attend de la Chine, c’est de joindre ses efforts aux nôtres pour faire en sorte que l’on évite toute escalade régionale”, ajoute-t-on, assurant penser que les échanges diplomatiques entre Paris et Pékin peuvent avoir “un impact” en ce sens.

“Alimenter la portée” de l’agression russe

Par ailleurs, le président français a exprimé à son homologue chinois sa “vive préoccupation” au sujet de la “coopération militaire qui a été annoncée” entre la Russie et la Corée du Nord.  “Nous souhaitons que la Chine réalise à quel point c’est une évolution problématique pour la France et l’ensemble de l’Union européenne, ça conduirait naturellement à alimenter la portée de cette agression russe” contre l’Ukraine, a ajouté la présidence française auprès de quelques journalistes.

 

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a effectué en septembre un voyage en Extrême-Orient russe, où il a rencontré le président russe Vladimir Poutine. Cette rencontre a été suivie de plusieurs livraisons d’armement, selon Séoul, qui estime que la Corée du Nord a fourni un million d’obus à la Russie pour sa guerre en Ukraine, en échange de savoir-faire en matière de technologies spatiales. “La préoccupation est surtout nord-coréenne à ce stade, puisque c’est eux qui ont annoncé lors de la visite de Kim Jong Un en Russie qu’il y avait une sorte de vraie volonté d’aller de l’avant sur la coopération militaire”, a expliqué l’entourage d’Emmanuel Macron.

“Créer les conditions de négociations”

A l’issue d’une visite d’État du président français en Chine en avril, Paris avait affirmé que Xi Jinping, proche allié de Vladimir Poutine, s’était dit prêt à travailler avec la France “à créer les conditions de négociations” entre Moscou et Kiev. Peu de temps après, le dirigeant chinois s’était entretenu au téléphone avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce qui avait été perçu côté français comme un résultat positif de la visite d’Emmanuel Macron. Sept mois plus tard, la situation n’a toutefois pas vraiment évolué.

“Le but reste évidemment d’avoir une position chinoise qui nous conduit à avoir un dénouement tant dans le cadre des objectifs fixés par les Ukrainiens que dans le cadre du droit international”, a ajouté un conseiller français.



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