Critique de Pauvres créatures (Film, 2024)

CRITIQUE / AVIS FILM – Yórgos Lánthimos offre à Emma Stone un de ses meilleurs rôles avec “Pauvres créatures”, comédie intelligente et créative dans laquelle une femme explore ses désirs et découvre les normes sociales.

Pauvres créatures, la version réussie de Barbie

Pendant que Barbie cartonnait dans les salles du monde entier, Pauvres créatures marquait les esprits du prestigieux festival de cinéma, la Mostra de Venise (du 30 août au 9 septembre 2023). Reparti avec le Lion d’Or, Yórgos Lánthimos semblait avoir mis tout le monde d’accord. Et quelques mois plus tard, c’est aux Golden Globes que le film a à nouveau fait parler de lui, en repartant avec deux prix. Celui du Meilleur film musical ou comique, et celui de la Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie pour Emma Stone.

Si l’on évoque le cas de Barbie, c’est que Pauvres créatures s’en rapproche à plus d’un titre en présentant l’émancipation d’une femme lors de sa découverte du monde réel. Mais le film porté par Emma Stone surpasse à tous les niveaux celui avec Margot Robbie, si ce n’est d’un point de vue des recettes.

Emma Stone - Pauvres créatures ©The Walt Disney Company France
Emma Stone – Pauvres créatures ©The Walt Disney Company France

Car si l’œuvre de Greta Gerwig a été construite pour prôner un discours féministe auprès du plus grand nombre, engrangeant plus d’1,4 milliard de dollars de recettes, elle demeure une comédie populaire lourdingue, peu ambitieuse cinématographiquement et bien plus cynique dans sa conception (voir la critique de CinéSérie). L’un des grands gagnants du succès du film étant Mattel, qui n’a pas tardé à lancer le développement de dizaines de films basés sur leurs jouets. À l’inverse, Pauvres créatures, adapté du roman éponyme d’Alasdair Gray (1992), bien que moins attirant pour le grand public, est d’une intelligence rare et d’une modernité exemplaire. Et il ne serait pas aberrant d’oser le présenter comme un chef-d’œuvre.

Yórgos Lánthimos fait des merveilles avec Emma Stone

Pauvres créatures se déroule à une époque ancienne, pouvant être la fin du XIXe siècle, mais dans un univers dystopique permettant à Yórgos Lánthimos de proposer des idées visuelles folles (en noir et blanc comme en couleurs). On y trouve des décors fantastiques, entre les créations de Méliès et L’Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam. Dans ce monde se trouve Bella, une jeune femme décédée, mais dont le corps a été récupéré par le Dr Godwin Baxter (excellent Willem Dafoe).

Désireux de faire avancer la science, c’est tel un Dr Frankenstein que le chirurgien, lui-même abimé par les expériences de son père, greffe au corps de la défunte le cerveau d’un nouveau-né et la ramène à la vie. L’esprit de Bella va rapidement évoluer, mais elle aura tout à apprendre.

Pauvres créatures ©The Walt Disney Company France
Pauvres créatures ©The Walt Disney Company France

Après La Favorite (2018), Yórgos Lánthimos tire à nouveau le meilleur d’Emma Stone. L’actrice livre ici probablement sa meilleure performance dans un de ses rôles les plus riches. Elle impressionne et amuse en agissant d’abord comme une enfant immature, encore incapable de parler. Puis, d’enfant, elle devient une adolescente colérique, avant de devenir une jeune adulte qui découvre inévitablement le désir et sa sexualité.

C’est là que Pauvres créatures devient passionnant et d’une drôlerie, si bien rythmé par le montage et les dialogues. Car Bella, que le Dr Baxter a toujours maintenu enfermée chez lui, de peur que le monde extérieur lui soit nocif, ne connaît pas les règles de société. Il faut alors la voir s’emparer d’un fruit lors d’un repas et se le glisser à l’entrejambe après avoir découvert le plaisir que cela pouvait lui procurer.

Le désir d’une femme avant tout

Bella est donc un être qui fonctionne à l’instinct et qui ne suit que ses désirs. Elle est en cela un personnage fascinant, qui par son rapport au monde et aux règles établies en pointe toutes les aberrations. Pauvres créatures est évidemment une critique du patriarcat. Car outre les limites que lui impose Baxter, d’autres hommes qu’elle croisera tenteront en vain de la contrôler. À commencer par Duncan Wedderburn (Mark Ruffalo), un avocat avec qui Bella s’enfuit pour découvrir le monde.

Si l’homme se prend pour un bellâtre et l’un des meilleurs au lit, il va vite déchanter avec cette femme motivée par son propre plaisir. Après une partie de jambes en l’air dont Duncan ressort fier mais exténué, Bella, désireuse de remettre ça immédiatement, le mettra face à “sa faiblesse physique d’homme”, incapable de bander sur commande. En résulte une petite déception pour Bella, et une belle humiliation pour Duncan, qui ne mérite jamais la sympathie des spectateurs. Duncan est en effet plutôt pathétique, cherchant à remettre la faute de ses actes sur le dos de Bella qui l’aurait ensorcelé. C’était justement une des erreurs de Barbie de trouver une excuse au comportement de Ken, pauvre homme trop ignoré par la poupée.

Une comédie maîtrisée et jouissive

L’absence de filtre de Bella amuse, mais son parcours permet surtout à Yórgos Lánthimos de porter un regard critique sur la société actuelle et les oppositions entre les êtres. Le réalisateur pointe les différences sociale, la pauvreté et la soumission dans un monde capitaliste, et la brutalité (physique et psychologique) derrière le sexisme. De plus, Lánthimos garde toujours à l’esprit la mise en valeur de son héroïne, insistant sur son droit légitime de vivre sa vie comme elle le souhaite et de faire ce qu’elle veut de son corps. Que ce soit en rejoignant une maison close à Paris, ou en la confrontant à un ex-mari prêt à la mutiler pour calmer sa libido.

Pauvres créatures ©The Walt Disney Company France
Pauvres créatures ©The Walt Disney Company France

Ce qui ne veut pas dire pour autant que le cinéaste fait avec Pauvres créatures un film anti-homme (si tant est que cela soit possible). Un personnage masculin demeure en bon et attentionné envers Bella : Max, joué par Ramy Youssef. De plus, Baxter trouvera une rédemption intelligemment justifiée. Mais pour les autres, d’une toxicité dangereuse, Lánthimos ne veut pas d’excuse ni de pardon, privilégiant une conclusion aussi extrême que jouissive.

Pauvres créatures de Yórgos Lánthimos, en salles le 17 janvier 2024. Ci-dessus la bande-annonce.

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