des frappes russes lors du déplacement de Zelensky et du Premier ministre grec à Odessa


L’ESSENTIEL

L’armée russe a effectué mercredi des frappes sur Odessa au moment où le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis étaient en déplacement dans ce grand port du sud de l’Ukraine, a indiqué le dirigeant grec. “À la toute fin (de la visite, ndlr), nous avons entendu le son des sirènes antiaériennes et des explosions tout près de nous. Nous n’avons pas eu le temps de nous mettre à l’abri”, a déclaré Kyriakos Mitsotakis à l’issue des bombardements, évoquant “une expérience impressionnante”.

 

Les principales informations :

  • Des frappes russes lors du déplacement de Zelensky et du Premier ministre grec à Odessa, cinq morts selon la marine ukrainienne
  • sept civils tués en zone occupée par la Russie
  • un journaliste condamné à sept ans de prison pour avoir critiqué l’assaut en Ukraine

La frappe russe sur Odessa a fait cinq morts

Les frappes ont eu lieu après une visite par les deux dirigeants du port, essentiel pour les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire, où Volodymyr Zelensky a expliqué les efforts entrepris “pour restaurer et renforcer la route maritime ukrainienne”, selon Kyriakos Mitsotakis, d’après la traduction de ses propos.

Selon la marine ukrainienne, cinq personnes sont mortes dans ces frappes. “Nous confirmons l’attaque contre l’infrastructure portuaire de la ville d’Odessa. Nous confirmons la mort de cinq personnes. Il y a également des blessés”, a déclaré à l’AFP le porte-parole Dmytro Pletenchuk, confirmant également que l’attaque avait eu lieu alors que la délégation grecque visitait le port avec le chef d’Etat ukrainien.

“(Les Russes) ne se soucient pas de l’endroit où ils frappent”, lance Zelensky

Cette route a permis l’exportation de 28 millions de tonnes de céréales depuis la fin de l’accord sur leur commerce avec la Russie en juillet 2023. En août 2023, Kiev avait annoncé unilatéralement la création d’une route pour exporter ses céréales, malgré les menaces russes de représailles sur les navires entrant et sortant des ports ukrainiens. “Nous comprenons que cette guerre touche tout le monde (…) Elle n’épargne personne”, a ajouté Kyriakos Mitsotakis lors d’une conférence de presse conjointe avec Volodymyr Zelensky.

De son côté, le président ukrainien, qui se déplace fréquemment à travers le pays, malgré les menaces de frappes russes, a également dénoncé l’attaque russe de mercredi. “(Les Russes) ne se soucient pas de l’endroit où ils frappent”, a-t-il fustigé face à la presse, précisant qu'”il y a des morts et des blessés”.

Le déplacement du Premier ministre grec dans cette grande ville du sud de l’Ukraine n’avait pas été officiellement annoncé au préalable, comme la majorité des visites de dirigeants internationaux en Ukraine pour des raisons de sécurité. Kyriakos Mitsotakis est attendu plus tard mercredi à Bucarest en Roumanie pour une réunion du Parti populaire européen (PPE).

La Russie dit que la frappe sur Odessa a touché une base de drones navals

La Russie a revendiqué un tir de missile mercredi sur la ville portuaire ukrainienne d’Odessa pendant une visite du président Volodymyr Zelensky et du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, affirmant avoir touché une base de drones.

La frappe a touché un “hangar dans une zone portuaire commerciale d’Odessa dans lequel des drones navals étaient préparés pour le combat par les forces armées ukrainiennes”, a affirmé le ministère russe de la Défense sur les réseaux sociaux.

Sept civils tués en zone occupée par la Russie

Sept civils ont été tués mercredi dans deux incidents séparés mercredi dans l’est de l’Ukraine occupé par la Russie, cinq sautant sur une mine et deux périssant dans un bombardement, ont annoncé les autorités d’occupation locales. “Un minibus qui se rendait à un cimetière a explosé sur une mine dans la localité de Donetsky. Huit civils se trouvaient dans le véhicule. Cinq personnes ont été tuées”, a indiqué sur Telegram Léonid Passetchnik, à la tête de la région de Lougansk, annexée par la Russie.

Le maire de la ville de Kreminna située dans la même région, Viatcheslav Tretiakov, a lui rapporté deux morts et deux blessés graves dans un bombardement ukrainien. “Une fois de plus, les formations armées ukrainiennes ont commis un acte d’agression cynique en bombardant notre ville. L’ennemi a frappé en plein centre de la ville, là où nos concitoyens font leurs courses et où les enfants se promènent”, a-t-il dénoncé sur Telegram.

La région de Lougansk, partiellement tombée aux mains de séparatistes prorusses à partir de 2014, est l’une des quatre régions d’Ukraine dont la Russie a revendiqué l’annexion en septembre 2022. La quasi-totalité de la région est sous occupation russe.

Un journaliste condamné à sept ans de prison pour avoir critiqué l’assaut en Ukraine

Un journaliste et blogueur russe, Roman Ivanov, a été condamné mercredi à sept ans de prison pour avoir publié des messages critiquant l’assaut contre l’Ukraine sur les réseaux sociaux, un nouvel exemple de la répression qui sévit en Russie. Le tribunal de Korolev, une petite ville à six kilomètres au nord-est de Moscou, a reconnu M. Ivanov, 51 ans, coupable de “diffusion de fausses informations” sur l’armée russe dans trois messages parus sur le réseau social russe VKontakte et sur Telegram.

Une des publications concernait notamment les évènements dans la ville ukrainienne de Boutcha où des corps de civils tués avaient été découverts en avril 2022, Kiev accusant l’armée russe de ces massacres, ce que Moscou a toujours nié. Juste après l’annonce du verdict, ses soutiens, présents dans les couloirs du tribunal, scandaient : “Roma (diminutif de Roman, ndlr), nous sommes avec toi. Tu n’es pas seul !”, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Sa mère, Alla Ivanova, interrogée par la presse, a rapidement dénoncé une accusation “fabriquée” de toutes pièces. “Il luttait pour les gens, les aidait”, a-t-elle dit. “C’était un prétexte pour se débarrasser de Roman”, a dénoncé sa femme, Maria Nekrassova, 36 ans, annonçant que “naturellement, nous ferons appel”.



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