deuxième nuit de confinement pour les 303 Indiens


Un hall d’accueil bâché, des lits de camp en pagaille et des toilettes mobiles acheminées en urgence : les 303 passagers indiens, dont des mineurs, du vol immobilisé depuis jeudi à Vatry (Marne) sur des soupçons de “traite d’êtres humains”, ont passé leur deuxième nuit confinés dans l’aéroport. Parmi ces passagers figurent “13 mineurs non-accompagnés, ainsi que des mineurs accompagnés”, selon la protection civile du département, un chiffre non confirmé par les autorités. Leur âge “va d’un bébé de 21 mois à un adolescent de 17 ans”.

Cet avion, un Airbus A340 de la compagnie roumaine Legend Airlines, devait initialement relier Dubaï (Emirats arabes unis) à Managua, capitale du Nicaragua. Mais ce qui ne devait être qu’une escale technique sur la piste du petit aéroport de Vatry, à 150 kilomètres à l’est de Paris, s’est transformé depuis jeudi après-midi en longue immobilisation, après un “signalement anonyme” selon lequel des passagers étaient “susceptibles d’être victimes de traite des êtres humains” en bande organisée, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP vendredi.

Les passagers de cet avion sont toujours confinés samedi matin dans le hall d’accueil de l’aéroport, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils y demeurent depuis jeudi soir, l’endroit ayant été transformé par arrêté préfectoral en zone d’attente pour étrangers. Deux d’entre eux étaient vendredi soir en garde à vue.

Équipage auditionné

L’enquête, menée par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), vise à “vérifier si des éléments viendraient corroborer” les soupçons de traite d’êtres humains, selon le parquet. Les enquêteurs ont vérifié l’identité des passagers et des personnels navigants et vérifient les “conditions et objectifs de transport” de ces personnes, a-t-il précisé. La trentaine de membres de l’équipage, 15 pour la liaison Dubaï-Vatry et 14 ou 15 pour le trajet Vatry-Managua, “ont été auditionnés et autorisés à repartir librement, et à rentrer chez eux s’ils le souhaitent”, a indiqué à l’AFP Liliana Bakayoko, qui se présente comme l’avocate de la compagnie aérienne.

Legend Airlines “n’a effectué que quelques vols sur ce trajet, toujours pour le même client” non-européen, a-t-elle ajouté, précisant que l’entreprise compte “se porter partie civile si des poursuites sont initiées par le ministère public, ou porter plainte” dans le cas contraire. Des bâches ont été installées devant les baies vitrées du hall d’accueil de l’aéroport, ainsi que sur les bâtiments administratifs à proximité. L’accès reste bloqué par la police et la gendarmerie samedi matin, a constaté un journaliste de l’AFP.

“Accès consulaire”

Selon une source proche du dossier, les passagers indiens, probablement des travailleurs aux Emirats arabes unis, pourraient avoir planifié de se rendre en Amérique centrale afin de tenter ensuite d’entrer illégalement aux Etats-Unis ou au Canada. La loi prévoit que s’il arrive en France par avion et que l’embarquement vers son pays de destination lui est refusé, un étranger peut être maintenu en zone d’attente pendant quatre jours maximum par la police aux frontières.

Ce maintien peut ensuite être prolongé de huit jours par un juge des détentions et de la liberté (JLD), puis de huit jours supplémentaires à titre exceptionnel. Au maximum, en fonction des recours, le maintien en zone d’accueil peut atteindre 26 jours. L’ambassade d’Inde en France a indiqué vendredi sur X, ex-Twitter, avoir “obtenu l’accès consulaire” et “veiller au bien-être des passagers”. Des douches et des lits ont été acheminés par la protection civile du département. Des toilettes mobiles ont également été déployées, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’avion, totalement blanc et sans le nom d’aucune compagnie, est toujours immobilisé sur le tarmac samedi matin. D’après le site spécialisé Flightradar, Legend Airlines est une petite compagnie dont la flotte est composée de quatre avions, dont deux A340-313.

L’aéroport de Vatry a accueilli 62.000 passagers en 2022, essentiellement via des compagnies low-cost, selon l’Union des aéroports français.



Source link