Élisabeth Borne retourne à l’Assemblée comme simple députée


Un retour au Palais-Bourbon, mais plus sur les bancs du gouvernement : l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne retrouve mardi l’Assemblée nationale comme simple députée de la majorité, à l’instar de plusieurs ministres débarqués lors du remaniement. Un peu plus d’un mois après avoir quitté Matignon, l’ex-cheffe du gouvernement est attendue à la réunion du groupe Renaissance à 10H30, puis à la séance de questions au gouvernement à 15 heures. Elle récupère son siège de députée de la 6e circonscription du Calvados, où elle avait été élue en juin 2022 en laissant aussitôt la place à son suppléant Freddy Sertin.

Élisabeth Borne “n’a jamais siégé” à l’Assemblée. “Elle a des choses à apprendre”, sourit un collègue. Est-elle prête à sillonner sa circonscription ou à enchaîner les séances à l’Assemblée pour tenter de faire passer des amendements aux faibles chances de succès? “Quand j’ai une mission, une fonction, c’est dans mon ADN de le faire à fond”, a-t-elle promis sur France 3 Normandie. “Je n’ai jamais été fascinée par le pouvoir (…) je vais continuer à mettre beaucoup d’énergie dans mon engagement politique”, a-t-elle assuré, lors de cette interview organisée “Au vrai Normand”, un restaurant de Villers-Bocage (Calvados).

Commission des Affaires étrangères

À sa demande, Élisabeth Borne siègera à la commission des Affaires étrangères, comme l’ancien porte-parole du gouvernement Olivier Véran, tandis qu’Olivier Dussopt, ex-ministre du Travail, rejoindra la commission de la Défense. Dans ce nouveau rôle, elle va retrouver la configuration inchangée de l’Assemblée nationale en majorité relative. Cet hémicycle bouillonnant qui l’avait usée et dans lequel elle avait eu recours à 23 reprises à l’arme constitutionnelle du 49.3 pour faire passer sans vote budgets et réforme des retraites.

Au total, une dizaine d’anciens membres du gouvernement vont redevenir simples députés, notamment Bérangère Couillard, Clément Beaune, Carole Grandjean, Philippe Vigier, Agnès Firmin-Le Bodo et Olivier Becht.

“Actif, on verra” 

Au Palais-Bourbon, certains ne croient guère à leur implication dans les mois qui viennent. “Je les sens très absents, je pense qu’ils vont très peu venir, et qu’ils vont tous partir vers d’autres cieux dès qu’ils le peuvent”, pronostique une cadre du groupe Renaissance. Avec quelques précédents en tête, les ex-Premiers ministres socialistes Jean-Marc Ayrault ou Manuel Valls, qui n’avaient pas achevé leurs mandats après leur retour à l’Assemblée. “Actif, on verra”, glisse un ancien ministre, qui ne compte pas “faire toutes les séances de nuit”.

À la tête des députés Renaissance, Sylvain Maillard se réjouit, lui, de ces arrivées de plusieurs poids lourds, dans un groupe qui en manque cruellement. “C’est une chance pour le groupe du fait de leur expérience”, une “opportunité de renforcement”, souligne-t-il, malgré le “casse-tête” logistique pour trouver des bureaux qui conviennent aux nouveaux arrivants. Certains anciens ministres débarqués, comme Clément Beaune, pourraient-ils tenter de former un groupe à l’aile gauche de la majorité? “Ca n’existe pas un sous-groupe, c’est une mort politique”, démine Sylvain Maillard, qui ne pense “absolument pas qu’ils soient dans cet état d’esprit”.

Mais au sein du groupe Renaissance, des élus de l’aile gauche trouvent la composition du nouveau gouvernement trop à droite. Et n’ont pas apprécié la sortie de Gabriel Attal, qui veut travailler avec “tout le monde” à l’Assemblée y compris avec le RN, car “l’arc républicain, c’est l’hémicycle”. Un changement de doctrine par rapport à Élisabeth Borne, qui répétait à l’envi exclure RN et LFI de cet “arc républicain”.



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