EN DIRECT – Bottes de paille, lisier et barrages : les agriculteurs amplifient leur mouvement


Jachère, pesticides, normes environnementales, autorisations administratives, prix du gazole… Les cultivateurs et éleveurs français n’ont pas tous les mêmes demandes, mais partagent un même malaise sur leur avenir, écartelés entre leur désir de produire et d’exporter, et la nécessité d’intégrer des contraintes environnementales pour réduire leur impact sur la biodiversité et le climat.

 

Les informations à retenir :

  • La mobilisation des agriculteurs se poursuit mercredi en France avec des barrages routiers
  • Une agricultrice et sa fille sont décédées mardi après avoir été percutées sur un barrage routier en Ariège
  • Plusieurs routes sont bloquées ce mercredi matin
  • Le Premier ministre a évoqué des mesures qui pourraient arriver rapidement pour résoudre la crise

“Les actions vont s’amplifier”, promet la FNSEA

“On est parti pour la journée, pour la nuit… tant que des mesures concrètes ne sont pas annoncées”, a dit mardi Thierry Sénéclauze, agriculteur dans la Drôme, dénonçant “les normes toxiques et bolchéviques”.

Démarré jeudi dernier en Occitanie par un blocage d’autoroute qui continue, le mouvement, soutenu par le premier syndicat du pays FNSEA, s’étend dans la région et dans toute la France.”Les actions vont s’amplifier” mercredi, a promis mardi soir sur TF1 le président de la FNSEA Arnaud Rousseau.

Après la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) reçus lundi, la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, et la Confédération paysanne, troisième, sont sortis mardi soir du bureau de Gabriel Attal sans appeler à lever les blocages. La Coordination rurale a jugé l’échange “constructif” tandis que la Confédération paysanne a parlé de propositions “insuffisantes”.

Routes quadrillées de blocages

Mercredi à l’aube, la préfecture de la Creuse a indiqué sur le réseau social X que “la RN145 est bloquée dans le sens Guéret/Limoges à partir de l’échangeur 54”. Un blocage de la rocade de Bordeaux ainsi que des accès aux autoroutes A89 et A10 est également prévu.

L’A4 sera aussi bloquée aux alentours de Strasbourg à partir de la mi-journée tandis que les Jeunes Agriculteurs prévoient de bâcher les radars de Moselle (hors autoroute).

Des tracteurs sont également attendus sur d’autres routes de France, comme à Bayonne et Pau (A63 et A64), autour de Lyon (M6, A47), sur l’A7 de Orange à Montélimar, entre Valence et Grenoble (A49), entre Saint-Amand-Montrond et Bourges (A71), sur la rocade d’Orléans, et sur ou aux abords de nombreuses voies rapides de Bretagne (notamment la RN12). À Agen, la Coordination rurale bloque l’A62 et menace de faire “tomber” les grilles de la préfecture, qu’ils ont déjà arrosées de lisier mardi.

Dans les Hauts-de-France, les agriculteurs comptent poursuivre le barrage filtrant mis en place sur un péage de l’A29 près d’Amiens (Somme), et organiser de nouvelles manifestations dans l’Aisne et le Pas-de-Calais notamment, où selon la préfecture de région, “l’accès aux différentes plateformes transmanche est susceptible d’être perturbé” — tunnel sous la Manche et port desservant l’Angleterre.

De multiples autres ronds-points, péages ou bretelles d’autoroutes seront occupés, sans compter des opérations escargots, comme à Angoulême mardi, ou deux péages rendus gratuits sur l’A83 en Vendée.

 

La Coordination rurale promet de poursuivre ses opérations de bâchage de radars, notamment dans le Lot-et-Garonne et en Dordogne, et veut sensibiliser les visiteurs du festival de BD d’Angoulême à “la cause des agriculteurs”.

C’est à la suite d’un accident sur un barrage, sur une section de la RN20 Toulouse-Andorre, fermée à la circulation, qu’une éleveuse de vaches d’une trentaine d’années et sa fille adolescente sont décédées après avoir été percutées par une voiture.

Pour résoudre la crise, des mesures pourraient arriver rapidement

Mais comment résoudre vite des problèmes aussi enracinés ? Assailli de questions à l’Assemblée mardi, le Premier ministre a évoqué des mesures qui pourraient arriver rapidement : d’abord sur la rémunération des agriculteurs par les industriels et les grandes surfaces, censée être sanctuarisée par la loi dite Egalim. Les négociations commerciales annuelles se termineront le 31 janvier.

Il a aussi promis de répondre à la demande de simplification administrative, les exploitants, surtout les éleveurs, devant remplir chaque jour de nombreux documents. Les demandes de subventions et d’aides après des calamités prennent aussi trop de temps, se plaignent les agriculteurs.

 

Les autres grands pays agricoles européens sont confrontés à des mouvements similaires, si bien que le sujet agite aussi Bruxelles. La Commission européenne réunira jeudi organisations agricoles, secteur agro-alimentaire, ONG et experts pour tenter de calmer le jeu et convaincre de l’intérêt de réconcilier transition écologique et agriculture.



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