EN DIRECT – Israël-Hamas : Frappes de Tsahal sur Gaza, le Hamas discute cessez-le-feu en Egypte


L’armée israélienne bombarde vendredi le sud de la bande de Gaza alors qu’une délégation du Hamas est attendue en Égypte pour discuter d’un projet de cessez-le-feu prévoyant aussi la libération d’otages retenus à Gaza. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces israéliennes ont multiplié les frappes dans la bande de Gaza, notamment sur Rafah dans le sud, où des Palestiniens se sont précipités sur des tas de gravats à la recherche de survivants.

“Nous étions tranquillement assis (à la maison, ndlr) et tout à coup nous avons entendu une forte explosion et des débris ont commencé à nous tomber dessus”, a témoigné auprès de l’AFP Tayseer Abou Al-Eish. “L’appartement a été complètement détruit et mes filles criaient. Il y a eu plusieurs victimes (…) nous essayons de sortir les voisins des décombres mais il y a des martyrs”.

Au sud de Jérusalem, un Palestinien a par ailleurs blessé deux Israéliens dans une attaque au couteau avant d’être abattu, selon la police et les secouristes, le Hamas saluant une “opération héroïque” menée en “réponse” à la situation à Gaza.

Les informations à retenir :

  • L’armée israélienne bombarde vendredi le sud de la bande de Gaza
  • ‘une délégation du Hamas est attendue en Égypte pour discuter d’un projet de cessez-le-feu prévoyant aussi la libération d’otages
  • “Au moins 100.000 Gazaouïs” ont été déplacés vers Rafah ses derniers jours
  • La Syrie menace Israël “d’actions directes” après la mort d’un général des Gardiens de la Révolution

Discussions au Caire pour mettre fin aux hostilités

Une délégation du Hamas est attendue vendredi au Caire pour discuter d’un plan égyptien en trois étapes qui prévoit des trêves renouvelables, des libérations échelonnées d’otages et de prisonniers palestiniens et, à terme, un cessez-le-feu mettant fin aux hostilités. La guerre, déclenchée par l’attaque sanglante lancée le 7 octobre par le Hamas contre Israël, a fait 21.320 morts à Gaza, dont une majorité de femmes et de mineurs, selon le Hamas.

En Israël, l’attaque de commandos du Hamas a fait environ 1.140 morts, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir des derniers chiffres officiels israéliens. Environ 250 personnes ont été enlevées par le Hamas, dont 129 restent détenues à Gaza, selon l’armée israélienne qui a juré, en représailles aux attaques du 7 octobre, de “détruire” le Hamas au pouvoir depuis 2007 à Gaza. Au Caire, la délégation du Hamas transmettra aux Égyptiens “la réponse des factions palestiniennes, qui comporte plusieurs observations, à leur plan”, a affirmé à l’AFP un responsable du mouvement islamiste requérant l’anonymat.

Ces observations portent notamment “sur les modalités des échanges prévus et le nombre des prisonniers palestiniens qui seront libérés, et sur l’obtention de garanties pour un retrait militaire israélien total de la bande de Gaza”, a ajouté ce responsable. “Nous sommes en contact (avec les médiateurs, ndlr) en ce moment même. Je ne peux pas fournir plus de détails. Nous travaillons à tous les ramener”, a de son côté déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une rencontre jeudi à Tel-Aviv avec des familles d’otages.

La doyenne des otages israélienne serait morte

Présentée comme la femme la plus âgée retenue en otage dans la bande de Gaza, l’Israélo-Américaine Judith Weinstein Haggai, 70 ans, a été annoncée morte jeudi par son kibboutz, Nir Oz, situé juste à la lisière du territoire. Cette mère de quatre enfants, grand-mère de sept petits-enfants et enseignante d’anglais pour enfants à besoins éducatifs particuliers, selon son kibboutz, avait grandi à Toronto et possédait aussi la citoyenneté canadienne. Plus tôt cette semaine, son kibboutz avait annoncé la mort de son mari Gadi Haggai, 73 ans, également otage à Gaza où se trouveraient toujours les dépouilles.

“Au moins 100.000 Gazaouïs” déplacés vers Rafah ses derniers jours

La population de Gaza reste, elle, en “grand danger”, avertit l’Organisation mondiale de la santé (OMS), affirmant que “la faim et le désespoir” s’aggravent dans le territoire où, selon l’ONU, près de deux millions de personnes (85% de la population) ont été déplacées. Beaucoup ont fui plusieurs fois, poussés sur les routes par l’avancée des combats et les ordres d’évacuation de l’armée israélienne, sans pour autant échapper aux bombardements incessants. Ces derniers jours, avec l’intensification des opérations à Khan Younès (sud) et dans le centre de Gaza, “au moins 100.000 personnes” ont été déplacées vers Rafah, tout au sud du territoire, souligne l’Ocha, le bureau de coordination de l’aide humanitaire de l’ONU citant les estimations “d’acteurs humanitaires sur le terrain”.

“Ce qu’Israël fait aux Palestiniens, et principalement à Gaza, est ‘la monstruosité de notre siècle’. La complaisance de l’Occident devient de la complicité”, a déclaré sur X, Francesca Albanese, la rapporteuse de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens.

La Syrie menace Israël “d’actions directes” après la mort d’un général des Gardiens de la Révolution

Le conflit à Gaza ravive par ailleurs les tensions à travers le Moyen-Orient, notamment à la frontière nord d’Israël avec le Liban, où l’état-major israélien a évoqué une possible “expansion des combats”. L’armée israélienne a fait état de nombreux tirs depuis le sud du Liban vers le nord d’Israël, où des sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises dans l’après-midi de jeudi, et annoncé des frappes sur des “positions” du Hezbollah.

Tard jeudi soir, le ministère syrien de la Défense évoqué des frappes israéliennes près de Damas et dans le sud du pays. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les frappes ont notamment visé les environs de l’aéroport de Damas et ce, 24 heures après la reprise des vols suspendus depuis une attaque israélienne fin novembre. Israël a multiplié les frappes en Syrie ces dernières années, y ciblant les forces soutenues par l’Iran.

Ce pays a menacé Israël “d’actions directes” après la mort lundi, dans un tir de missile en Syrie qu’il impute à Israël, de Razi Moussavi, un général des Gardiens de la Révolution. Autre front de ce conflit en expansion : le Yémen, d’où les rebelles Houthis, alliés de Téhéran, multiplient les tirs vers la Mer Rouge pour freiner le trafic maritime international en “soutien” à Gaza. La marine américaine a dit avoir abattu jeudi soir en mer Rouge un drone et un missile anti-navire tirés par les Houthis, indiquant qu’il s’agissait de la “22e tentative d’attaque” du genre par ces rebelles yéménites depuis la mi-octobre.



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