EN DIRECT – Israël-Hamas : la bande de Gaza sous les bombes et toujours coupée du monde


Des dizaines de personnes ont été tuées dans la bande de Gaza, selon le Hamas, pilonnée samedi par l’armée israélienne et confrontée à une nouvelle coupure complète des télécommunications, au 99e jour de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. Depuis vendredi, le conflit s’est propagé au Yémen, avec des frappes américaines et britanniques contre les rebelles Houthis qui s’attaquent au transport maritime en mer Rouge en “solidarité” avec Gaza. L’armée américaine a annoncé avoir procédé à de nouveaux tirs dans la nuit contre un site radar.

Sur le terrain, un correspondant de l’AFP a rapporté d’intenses bombardements nocturnes dans le sud de la bande de Gaza, dans la grande ville de Khan Younes, devenue épicentre des combats, et à Rafah, près de la frontière avec l’Égypte, où des centaines de milliers de Gazaouis ont afflué en quête d’un refuge.

Les informations à retenir :

  • Plus de 60 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza après de nouvelles frappes israéliennes
  • Les communications et services internet sont totalement coupés depuis vendredi à Gaza
  • Selon le dernier décompte du Hamas, 23.843 personnes ont été tuées et plus de 60.300 blessées depuis le 7 octobre

Les frappes israéliennes ont fait plus de 60 morts, en majorité des femmes et enfants, et des dizaines de blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas, mouvement qui contrôle depuis 2007 le petit territoire palestinien assiégé et surpeuplé. À l’hôpital Al-Najjar de Rafah, des habitants tentent d’identifier leurs proches, dans une morgue improvisée, à même le sol. Devant l’alignement des corps, un homme serre dans les bras la dépouille d’un petit enfant, enveloppé dans un drap blanc.

L’armée israélienne a annoncé avoir détruit des dizaines de sites de tirs de roquettes, et tué par des frappes aériennes quatre “terroristes” à Khan Younès lors de diverses opérations. “La nuit a été très difficile, nous l’avons passée entassés avec des centaines de déplacés dans les couloirs de la maternité” de l’hôpital Al-Nasser, témoigne pour l’AFP Nabila Abu Zayed, une mère de famille de 40 ans. La pluie et le froid, qui se sont abattus sur la région, rendent encore plus difficile la survie au quotidien de sa famille, qui a planté une tente dans la cour de l’hôpital, explique-t-elle. “Mais où aller?”

“Communication coupée”

Le désastre humanitaire que ne cessent de dénoncer les organisations internationales est encore aggravé depuis vendredi par la coupure totale des communications et des services internet à Gaza, imputée par l’opérateur palestinien Paltel à la partie israélienne qui “a débranché les serveurs”. De telles coupures ont déjà eu lieu à Gaza depuis le début des hostilités et, à chaque fois, les secouristes se plaignent de leurs impacts sur la coordination des services d’urgence. “La communication avec nos équipes à Gaza a été complètement coupée”, a déploré vendredi le Croissant-Rouge palestinien.

Le manque de carburant a aussi entraîné l’arrêt du principal générateur de l’hôpital des martyrs d’Al-Aqsa, à Deir al-Balah (centre), selon une source au ministère de la Santé du Hamas. Israël s’oppose à l’entrée de carburant parmi l’aide humanitaire, en invoquant le risque de détournement par le Hamas qu’il classe “terroriste” comme l’Union européenne et les États-Unis. “Nous craignons la mort de patients et d’enfants en soins intensifs et dans les services pédiatriques”, a indiqué le bureau des médias du Hamas.

“Continuer à vivre”

Entrée samedi dans son 99e jour, la guerre a été déclenchée par l’attaque sans précédent perpétrée par le Hamas le 7 octobre sur le sol israélien et qui a fait environ 1.140 morts, essentiellement des civils, selon un décompte de l’AFP à partir du bilan israélien. Quelque 250 personnes ont aussi été prises en otage par le Hamas, dont une centaine libérées à la faveur d’une trêve fin novembre. Les opérations militaires menées depuis dans la bande de Gaza par Israël, qui a juré d’anéantir le mouvement islamiste palestinien, ont tué 23.843 personnes, et fait plus de 60.300 blessées, en majorité des femmes, adolescentes et enfants, selon le dernier bilan samedi du ministère de la Santé du Hamas.

À Rafah, les affrontements n’ont pas empêché Afnan et Moustapha d’unir leur destinée, même si la maison où ils devaient vivre a été détruite, selon la famille. “Nous vivons tous la même tragédie. Mais nous devons continuer à vivre, et la vie doit continuer”, confie à l’AFP Ayman Shamlakh, oncle du marié.

Parallèlement, des négociations se poursuivent sur le sort des otages, dont les familles restent mobilisées, multipliant les rassemblements et les interpellations des autorités israéliennes pour obtenir leur retour. Les personnes retenus à Gaza vont recevoir des médicaments “dans les prochains jours” en vertu d’un accord négocié par l’entremise du Qatar, a annoncé vendredi le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. “Les médiateurs sont désormais en train de finaliser les détails”, a pour sa part indiqué un diplomate au fait des négociations, une source proche du Hamas confirmant à l’AFP la tenue de pourparlers mais pas leur conclusion.

La guerre à Gaza alimente aussi les violences à la frontière israélo-libanaise, en Cisjordanie occupée et en Syrie et Irak, où les attaques contre les bases américaines se sont multipliées. En Cisjordanie occupée, l’armée israélienne a indiqué avoir tué vendredi trois personnes ayant attaqué la colonie juive d’Adora située à une vingtaine de kilomètres de Hébron. Selon l’agence palestinienne Wafa, les soldats ont abattu un jeune de 19 ans et deux adolescents.

Après deux jours d’audience historiques, la Cour internationale de justice, à La Haye, aux Pays-Bas, doit par ailleurs rendre sa décision, possiblement ces prochaines semaines, après des accusations de “génocide” de l’Afrique du Sud contre Israël pour ses opérations dans la bande de Gaza. Israël les a rejetées comme “totalement dénaturées” et “malveillantes” vendredi. La Cour ne se prononcera dans un premier temps que sur la question de savoir si les droits fondamentaux des habitants de Gaza sont actuellement menacés.



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