«Je les trouve tellement ridicules !»


INTERVIEW

Aujourd’hui est un jour particulièrement angoissant pour Élie Semoun, un jour qu’il a autant redouté qu’attendu avec impatience… Celui de la sortie de son nouveau film Ducobu passe au vert, en salles ce mercredi 3 avril. “Vous savez, rien n’est acquis, c’est comme dans un couple…Il n’y a aucune certitude de succès comme d’insuccès”, nous glisse-t-il, visiblement inquiet.

“Nous sommes attendus au tournant avec ce cinquième Ducobu

Malgré ses plus de 30 ans de carrière, le succès des précédents volets, l’amour du public, Élie Semoun doute encore, a peur, s’interroge. Décevoir les spectateurs n’est pas une option pour l’humoriste qui s’est lancé un sacré challenge : revenir avec un cinquième film de la même saga. “Les sagas peuvent ressembler à des arnaques pour le public”, nous confie-t-il avec lucidité. Rassurez-vous, Ducobu passe au vert n’en est pas une ! Élie Semoun a tout fait pour se renouveler : “Le truc que je redoute le plus, c’est de me répéter. Je n’aime pas ça”, assure-t-il. “Je me suis dit qu’il fallait mettre la barre plus haut pour chaque Ducobu car je sais qu’on est attendu au tournant”.

“J’avais envie de me moquer des éco-terroristes”

Pour ce cinquième volet, Élie Semoun a décidé de parler d’écologie, un sujet “moderne, actuel et profond” à travers l’expérience du cancre Ducobu. Le roi de la triche va soudainement s’intéresser à l’avenir de la planète quand il apprend qu’une certaine Rita Grinberg (petit clin d’oeil à notre chère Greta Thunberg) a pris une année sabbatique pour lutter contre le réchauffement climatique. Bingo, Ducobu a trouvé l’excuse parfaite pour ne plus rien faire ! Recopier une dictée sur un cahier ? Non merci, il ne veut pas écrire sur un arbre mort et participer à la déforestation. Courir pendant le cours de sport ? Hors de question, il libèrerait encore plus de C02 dans l’atmosphère. Et Ducobu entraîne avec lui tous ses petits camarades de Sainte-Potache, la majorité clairement plus fainéante que militante.

“Je ne me moque pas de l’écologie”

Petit tacle d’Élie Semoun à l’égard de ceux qu’il appelle les “éco-terroristes” et qu’il exècre. “L’idée du film m’est venue en écoutant la radio et en regardant des trucs sur Internet. Je voyais des crétins d’éco-terroristes se coller sur des grilles ou balancer de la peinture sur des oeuvres d’art. Je les ai trouvés tellement ridicules que j’ai eu envie de me moquer d’eux”, nous explique le comédien qui n’apprécie pas davantage la militante écologiste Greta Thunberg. Il suffit de le lancer sur le sujet, il abonde : “Je ne l’aime pas trop effectivement. Je trouve qu’elle se plaint beaucoup mais qu’elle n’apporte pas de solutions. Et puis je n’aime pas trop ses positions politiques en ce moment sur la Palestine, je trouve ça insupportable. De quel droit elle se permet de juger le peuple israélien comme ça, sans information, sans culture ?” , s’agace-t-il.

Dans Ducobu passe au vert, Greta Thunberg n’est pas la seule à prendre pour son grade ! Élie Semoun tape sur tout le monde, y compris les climato-sceptiques. “Attention, je ne me moque pas de l’écologie. C’est un sujet qui m’inquiète et qui devrait inquiéter tout le monde”, souligne-t-il.

Léonie, l’amoureuse de Ducobu, est justement très angoissée par l’avenir de la planète. Elle s’est renseignée, connaît tous les chiffres, sait à quel point la consommation de viande est délétère pour le réchauffement climatique. Son interprète, Louise Riguidel, 13 ans, comprend son combat : “J’étais déjà sensibilisée à ce sujet avant le film car j’habite dans une ferme, on utilise des toilettes sèches, un petit bidon d’eau chaude. On fait très attention à la terre, à la planète. Après le tournage, j’ai juste eu une petite manie d’éteindre les lumières même quand il y avait des gens dans la pièce”, raconte-t-elle en rigolant. Son expérience sur Ducobu, sa toute première au cinéma, a été particulièrement joyeuse. “Je me suis fait plein d’amis !”, nous confie la jeune actrice, des étoiles plein les yeux. 

“Diriger des enfants, c’est un boulot de dingue !”

Élie Semoun lui a aussi donné confiance en elle. “Il est formidable”, s’émerveille Louise Riguidel quand on lui parle du réalisateur qui a lui-même gardé quelque chose de très enfantin dans sa manière d’être, une candeur dans le regard, une douceur aussi. On l’imagine très bien savoir y faire avec les enfants. “Ce n’est pourtant pas évident de les diriger !”, nous assure-t-il. “C’est un boulot de dingue ! Il faut tout leur expliquer, se mettre à leur place, les canaliser. Il faut leur dire ne pas se déconcentrer, de pas regarder à droite, à gauche, pour que leur esprit soit vraiment focus sur la scène”. “Ah ouais tu ne trouve pas ça évident ? Pourtant tu le fais super bien !”, réagit Damien Pauwels, l’interprète de Ducobu qu’Élie Semoun a vraisemblablement pris sous son aile.

L’humoriste se désole quand son acteur nous apprend qu’il n’aime pas l’école ni la lecture, comme un certain Ducobu… “C’est horrible de lire, où est le plaisir quand on lit ?”, lâche-t-il face à un Élie Semoun totalement effaré. “Je te jure, ça m’énerve quand tu dis ça, tu es vraiment un abruti”, lui répond l’humoriste, comme s’il parlait à son propre fils. Amoureux des livres, Élie Semoun veut transmettre sa passion au jeune comédie, difficile à convaincre. Il le prend donc par les sentiments, lui parle d’amour et ça fonctionne presque… “A ton âge, j’ai lu Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier. Tu vois, tu es un peu amoureux de la petite Sarah. Et bien, si tu lis ce livre, tu seras encore plus amoureux d’elle. C’est une belle histoire d’amour d’enfants de ton âge et c’est magnifique. Ça va mettre des mots sur tes sentiments”. Le comédien sait très bien de quoi il parle, lui qui nous a tant émus avec Compter jusqu’à toi, son premier roman bouleversant sur le sentiment amoureux et la rupture. Ecrire, jouer la comédie, réaliser… Élie Semoun vise toujours juste quand il crée, et nous touche en plein coeur. 



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