la grève féministe peut-elle mobiliser massivement en France, comme dans d’autres pays ?

Une marée humaine envahit les centres-villes de Madrid et de Barcelone. Métro, bus et trains sont à l’arrêt. Les bancs des universités sont vides, tout comme les rédactions de certains médias. Des rassemblements ont lieu dans plus d’une centaine d’autres villes espagnoles. Un peu partout, les slogans fleurissent, dont le mot d’ordre de cette mobilisation :  Si nosotras paramos, se para el mundo  (« Si nous nous arrêtons, le monde s’arrête », en espagnol). Le 8 mars 2018 est historique en Espagne : la grève féministe a rassemblé plus de 5 millions de personnes dans le pays.

« Un arc syndical élargi » pour cet appel à la grève féministe

« Des camarades y étaient, elles en parlent encore ! On aimerait bien que ce soit aussi astronomique en France », souligne Julie Ferrua, secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires. Depuis quelques années, en France comme dans d’autres pays, « il y a un nouvel investissement de la date du 8 mars autour de la perspective de la grève féministe », souligne de son côté Fanny Gallot, qui vient de publier Mobilisées ! Une histoire féministe des contestations populaires.

Solidaires appelle à la grève féministe le 8 mars prochain, Journée internationale des droits des femmes, aux côtés notamment de la CGT, de la FSU, de la CFDT, de l’Unsa, de syndicats étudiants et d’un très grand nombre d’associations et de collectifs féministes. Une grève « du travail, des tâches domestiques, de la consommation. Parce que seules nos voix, nos cris, nos actions visibles pourront faire bouger la société et le pouvoir pour enfin obtenir l’égalité », précise l’appel unitaire.

Julie Ferrua espère qu’avec « cet arc syndical élargi », le mouvement sera plus suivi que les années précédentes. Si l’Unsa et la CFDT ont rejoint l’appel à la grève cette année, c’est grâce aux discussions qui ont eu lieu durant l’importante mobilisation contre la réforme des retraites l’an passé, explique-t-elle. « Pendant toute la mobilisation, la précarité des salaires et des pensions des femmes étaient mises en avant », rappelle Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale de la CGT.

La revalorisation des retraites des femmes, une revendication au cœur du 8 mars 2023, ici à Rennes. | JOEL LE GALL / ARCHIVES OUEST-FRANCE

La revalorisation des retraites des femmes, une revendication au cœur du 8 mars 2023, ici à Rennes. | JOEL LE GALL / ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le rôle primordial des associations et collectifs féministes

Si les syndicats jouent le jeu de la grève féministe, il ne faut pas oublier le rôle primordial des féministes. « En France, la date du 8 mars a été reprise par les organisations syndicales de transformation sociale, notamment la CGT, Solidaires et la FSU, sous la pression des organisations féministes », explique à Ouest-France l’historienne Fanny Gallot.

« Que les syndicats comme l’Unsa et la CFDT rejoignent l’appel est une avancée, qui est due à une pression constante des collectifs féministes », insiste cette militante (*) de l’AG féministe Paris-banlieue, une organisation qui fait partie de la Coordination féministe. Née en avril 2020, cette dernière rassemble des dizaines d’assemblées, collectifs et associations féministes à travers la France « autour de l’envie partagée de former en France un mouvement féministe autonome ». « La Coordination féministe a permis de lancer l’appel national à la grève », affirme la militante.

Cette organisation est d’ailleurs inspirée par les mouvements féministes d’Amérique latine, où le 8 mars mobilise massivement. « Nous sommes en étroite communication avec nos camarades d’Italie, de Belgique, d’Espagne, du Chili… » explique cette autre militante (*), membre du collectif Nous toutes 35 à Rennes (Ille-et-Vilaine), intégré lui aussi la Coordination féministe.

« Une mobilisation, ça se construit, ça ne se décrète pas »

« On arrive à faire bouger les lignes au niveau des syndicats. On trouve de plus en plus de terrains d’entente », abonde-t-elle. Une dynamique suffisante pour s’attendre à un mouvement d’ampleur ? « On le souhaite vraiment. Il y a un élan. Mais une mobilisation, ça se construit, ça ne se décrète pas. Il ne suffit pas qu’il y ait une intersyndicale plus large », modère-t-elle.

La création de la Coordination féministe offre « la possibilité que la grève féministe soit davantage entendue médiatiquement », relève Irène Despontin Lefèvre, docteure en sciences de l’information et de la communication et diplômée en études de genre. Selon elle, après Metoo, « il y a eu une fenêtre d’opportunité médiatique autour des violences sexistes et sexuelles ». Une fenêtre investie avec succès par le collectif Noustoutes.org, qui a su mobiliser autour du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Noustoutes.org a réussi « un coup de force médiatique qui a servi à tout le mouvement féministe, assure la militante de Noustoutes 35, collectif distinct et indépendant de Noustoutes.org. Cela a permis de mobiliser les 25 novembre et 8 mars, qui sont deux dates indissociables et complémentaires. »

« Le monde du travail s’empare de la question »

Si cela fait quelques années déjà que la CGT travaille avec « les associations féministes autour des deux dates du 25 novembre et du 8 mars », rappelle Myriam Lebkiri, le terme de grève féministe est dorénavant « adopté par tout le monde » au sein du syndicat. Signe, selon elle, de l’« évolution » de la CGT sur les questions d’égalité. « Il y a quelque chose qui se passe », affirme Myriam Lebkiri. Autre nouveauté, cette année, « c’est que le monde du travail s’empare de la question » de la grève féministe. Au point de rêver de mobilisations massives comme celle de 2018 en Espagne ? « Ça nous anime et ça nous donne un but atteignable », assure-t-elle.

La grève féministe du 8 mars 2018 à Barcelone, en Espagne, a mobilisé massivement. | LLUIS GENE/ARCHIVES AFP

La grève féministe du 8 mars 2018 à Barcelone, en Espagne, a mobilisé massivement. | LLUIS GENE/ARCHIVES AFP

Pour ce 8 mars 2024, Julia Ferrua se veut optimiste. Elle pense que les récentes déclarations d’Emmanuel Macron, notamment sur le  « réarmement démographique » , seront un moteur pour faire descendre les femmes dans la rue. Elle évoque aussi les débats autour de l’IVG et la chaîne CNews, qui a récemment présenté l’avortement comme une « cause de mortalité ». « Ça nous fait bondir ! Et ça nous donne la rage pour revendiquer nos droits », appuie-t-elle.

« Un vrai engouement » dans le monde étudiant

Précarité encore plus grande chez les étudiantes, gestion jugée « catastrophique » des violences sexistes et sexuelles à l’université… Les élèves de l’enseignement supérieur sont aussi en colère, témoigne Pauline Lebaron, co-secrétaire générale de l’Union étudiante, qui appelle également à la grève. « La phrase d’Emmanuel Macron sur Gérard Depardieu fait penser aux étudiantes que le Président lui-même entretient la culture du viol », souligne la jeune femme. Une colère qui peut se traduire dans la rue ? « On sent un vrai engouement. »

(*) Ces deux militants ont préféré garder l’anonymat.

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