l’armée israélienne mène une opération sur le plus grand hôpital de Gaza



Ariane Ménage avec AFP / Crédit photo : DAWOUD ABO ALKAS / ANADOLU / ANADOLU VIA AFP

L’ESSENTIEL

Alors qu’une délégation menée par le chef du Mossad est attendue au Qatar pour poursuivre les négociations en vue d’une trêve, Israël annonce une opération sur l’hôpital al-Chifa à Gaza, la deuxième depuis le début du conflit. L’opération a été lancée au milieu de la nuit et elle est, semble-t-il, toujours en cours. L’hôpital al-Chifa est le plus grand de la bande de Gaza, où se trouvent “des dizaines de milliers” de déplacés selon le Hamas, des témoins sur place confirmant à l’AFP entendre des bombardements.

 

Arrestations de 80 suspects

“L’opération repose sur des informations indiquant l’utilisation de l’hôpital par des terroristes hauts gradés du Hamas”, rapporte lundi matin un communiqué de l’armée israélienne. Sur place, des témoins ont confirmé à l’AFP “des opérations aériennes” sur le quartier d’al-Rimal à Gaza-ville où se trouve l’établissement de santé dans lequel seraient tombés des “éclats d’obus”. Des habitants du quartier ont affirmé que “plus de 45 chars et véhicules blindés de transport de troupes israéliens” étaient entrés dans al-Rimal. Certains rapportent également “des combats” autour de l’hôpital.

L’armée israélienne s’adresse par hauts-parleurs aux habitants en leur demandant de rester chez eux alors que des “drones tirent sur les personnes dans les rues près de l’hôpital”, selon des témoins sur place interrogés par l’AFP. Israël a annoncé ce lundi matin avoir arrêté environ 80 suspects. À ce stade, on ne dispose pas d’informations supplémentaires sur l’identité de ces hauts gradés. Depuis le 7 octobre, Israël a fait de la traque des chefs du Hamas à Gaza l’un de ses objectifs de guerre. Un nouveau bilan du Hamas fait état de 31.726 morts dans la bande de Gaza depuis la riposte Israël.

L’offensive à Rafah “aura lieu”

La plupart des 1,7 million de déplacés de la guerre selon l’ONU ont trouvé refuge dans la ville de Rafah (sud) collée à la frontière fermée de l’Égypte et quotidiennement bombardée par l’armée israélienne. Tout en réaffirmant sa détermination à lancer une offensive militaire terrestre à Rafah, “dernier bastion du Hamas” selon Israël, Benjamin Netanyahu a assuré dimanche qu’une telle opération ne se fera pas “en laissant la population enfermée sur place”.

La communauté internationale redoute la perspective d’un tel assaut. Washington, principal allié d’Israël, répète son opposition à toute offensive à Rafah qui mettrait en péril les civils qui y sont réfugiés. “Aucune pression internationale ne nous empêchera d’atteindre tous les objectifs de notre guerre (…) Nous agirons à Rafah, cela prendra quelques semaines mais cela aura lieu”, a déclaré Netanyahu, selon ses services.

“Que les bombes cessent”

Les Palestiniens “ont besoin que les bombes cessent”, a déclaré quant à lui le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, plaidant dimanche pour un cessez-le-feu à Gaza. Les habitants “ont désespérément besoin de nourriture, de médicaments et d’abris”, a-t-il ajouté. Israël contrôle l’entrée des aides terrestres à Gaza, qui restent très insuffisantes au regard des besoins immenses des 2,4 millions d’habitants, dont la grande majorité sont menacés de famine selon l’ONU.

Selon l’ONG Oxfam, Israël empêche “délibérément” l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza, qu’il s’agisse de nourriture ou d’équipements médicaux, en violation du droit humanitaire international. Dans un rapport publié lundi, l’ONG dénonce des protocoles d’inspection de l’aide “injustement inefficaces” ou encore des “attaques contre des personnels humanitaires, des structures d’aide et des convois humanitaires”.

 

Une nouvelle trêve refusée par Israël

Les pays médiateurs – États-Unis, Qatar, Egypte – tentent, de parvenir à une nouvelle trêve après celle d’une semaine fin novembre. Benjamin Netanyahu a indiqué qu’il n’accepterait pas un accord “qui rend Israël faible et incapable de se défendre”.

Le Hamas s’est dit prêt, dans une nouvelle proposition, à une trêve de six semaines, pendant laquelle 42 otages – femmes, enfants, personnes âgées et malades – seraient libérés en échange de 20 à 50 prisonniers palestiniens contre chaque otage relâché. Il réclame aussi “le retrait de l’armée des villes et zones peuplées”, le “retour des déplacés” et l’entrée de 500 camions d’aide par jour à Gaza, selon un de ses cadres.



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