Le ministre chinois Wang Yi poursuit d’intenses discussions pour apaiser les relations avec les États-Unis


Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, qui effectue une rare visite à Washington, se rend à la Maison-Blanche vendredi, poursuivant une intense séquence diplomatique censée aider à apaiser une relation tumultueuse. Cette série d’entretiens de Wang Yi avec les responsables américains pourrait déboucher sur l’annonce d’une prochaine visite du président chinois Xi Jinping aux États-Unis, possiblement en marge du sommet de l’Apec (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) à San Francisco à la mi-novembre.

Le président américain Joe Biden a exprimé à plusieurs reprises son “espoir” d’une prochaine rencontre avant la fin de l’année, alors que leur dernier entretien en tête-à-tête remonte au sommet du G20 à Bali, en novembre 2022.

“Développer une coopération qui profitera aux deux parties”

Les États-Unis et la Chine se livrent une compétition acharnée — mais assumée –, se méfient des ambitions de l’un et l’autre et rivalisent d’influence, dans la région Asie-Pacifique et au-delà. Mais ils assurent vouloir gérer de façon “responsable” leur relation aux enjeux mondiaux et maintenir “les lignes de communication ouvertes”. 

 

Lors d’une première série d’entretiens jeudi avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, Wang Yi a appelé à “stabiliser” la relation avec les États-Unis et à ce que les deux grandes puissances rivales affrontent leurs divergences avec “calme” afin d'”éviter les malentendus”. “Nous cherchons à développer une coopération qui profitera aux deux parties afin de stabiliser les relations entre les États-Unis et la Chine et les ramener sur la voie d’un développement sain, stable et durable”, a-t-il affirmé.

Vendredi, après de nouveaux entretiens avec Antony Blinken, le haut diplomate chinois rencontre à la Maison-Blanche le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan. Les deux responsables se sont déjà rencontrés à Malte en septembre et à Vienne en mai. Aucune rencontre avec le président américain n’a été annoncée, mais des diplomates s’attendent à ce qu’il fasse une apparition impromptue lors de cette réunion, selon une chorégraphie réglée au millimètre.

La question de Taïwan est la plus sensible

Le président démocrate n’en fait pas mystère. Il entend livrer à la Chine, comme il l’a rappelé mercredi devant la presse, une compétition tous azimuts “dans le respect des règles internationales” et défendre les intérêts américains en Asie. Il réclame à ce titre au Congrès un budget de 7,4 milliards pour tenir tête à la Chine, sur le plan militaire et économique. Les États-Unis mettent aussi en avant le renforcement de leurs alliances en Asie, avec l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, les îles du Pacifique et jusqu’au Vietnam.

Pékin y voit une volonté d'”encerclement” de la Chine, ce que Washington dément. Les États-Unis haussent le ton par ailleurs sur les activités de Pékin en mer de Chine méridionale, promettant par exemple d’activer un accord de défense avec les Philippines en cas d’attaque chinoise. Selon Manille, des navires chinois sont entrés en collision lundi avec des bateaux philippins près d’un atoll en mer de Chine méridionale.

 

La rencontre vendredi “sera l’occasion d’aborder les sujets de préoccupation que nous continuons à avoir concernant le comportement de Pékin, en particulier en mer de Chine méridionale”, a déclaré à la presse un porte-parole de la Maison-Blanche, John Kirby. Entre Pékin et Washington, les sujets de friction sont nombreux. La question de Taïwan, que la Chine revendique comme faisant partie de son territoire, est la plus sensible. Dans un rapport diffusé vendredi, l’International Crisis Group appelle Pékin, Washington et Taipei à calmer le jeu, au risque d’une confrontation aux conséquences “cataclysmiques”.

“Une invasion de la Chine à Taïwan est peu probable dans un avenir proche, mais le risque de conflit augmente”, écrit son autrice Amanda Hsiao, pour qui “la trajectoire actuelle est dangereuse”.Les parties doivent “redoubler d’efforts” pour préserver le cadre qui a permis d’éviter l’escalade jusqu’alors, selon elle. “En particulier, les Etats-Unis et la Chine devraient chorégraphier une série de mesures de désescalade réciproques”.



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