le monde est Stone !

Enfin un film qui met tout le monde d’accord ? Yórgos Lánthimos n’est pas de ces réalisateurs qui font l’unanimité. Avec The Lobster ou plus récemment La Favorite, il s’illustre de chaque côté du spectre, étant à la fois acclamé et désavoué par la critique. Quelques jours après le sacre d’Emma Stone aux Golden Globes, Pauvres Créatures arrive enfin dans les cinémas français avec l’étrangeté caractéristique de son metteur en scène et le titre de meilleure comédie de l’année selon la Hollywood Foreign Press Association.  Vaut-il le détour ?

Ramenée à la vie par un scientifique fou, Bella a soif d’apprendre. Désirant plus que tout découvrir le monde qui l’entoure, elle va s’extraire de sa cage dorée pour parcourir le monde aux côtés de Duncan Wedderburn, un avocat habile et débauché. Au fil de ses rencontres, la jeune femme se confronte à l’humanité, à sa beauté autant que sa cruauté.

Vivre libre

Si le parallèle avec l’ouvrage Frankenstein ou le Prométhée Moderne de Mary Shelley est évident, Pauvres Créatures tient son inspiration d’un roman éponyme d’Alasdair Gray publié en 1992. L’idée est la même, il s’agit de passer au crible la nature humaine et nos sociétés, mais cette fois-ci à travers le regard d’une femme dénuée de préjugés, avide de liberté. À la différence du monstre qui a fasciné tant de cinéastes, Bella Baxter ne suscite pas peur et révulsion, elle fascine et attire bien des convoitises…

Emma Stone Mark Ruffalo
© Searchlight Pictures

Dans un monde qui veut la voir sous la coupe des hommes, d’abord son père (son créateur) puis son amant, Bella Baxter s’émancipe par ses voyages, au fil de ses rencontres. La fable féministe aussi crue que maligne immortalise les rites de passage pour les réinventer, avec une bizarrerie certaine et une sincérité déconcertante. Lánthimos utilise son goût pour le malaise, l’étrange, et fait naître une chronique d’un monde hors du temps, pétri d’inégalités, de conventions ridicules et de cruauté. Dès les premiers instants, il rappelle cette femme enfant à la réalité d’une société qui écrase les individus dans un moule, qu’elle va néanmoins réussir à briser. Il s’agit également de confronter Bella aux regards des autres, les hommes en particulier, de faire naître une gêne chez le spectateur qui est invité à regarder cette enfant piégée dans un corps d’adulte.

Avec la différence pour moteur et la liberté pour but, Pauvres Créatures est une comédie noire réussie, qui multiplie les moments de grâce, les séquences curieuses autant que les élans plus tendres. À la manière d’une fable pour grands enfants, le film parvient à guider les spectateurs sur le chemin de sa réflexion sans jamais s’adonner à l’explication de texte. La proposition de Yórgos Lánthimos pourrait parfois s’apparenter à celle de Greta Gerwig avec Barbie. Comme la poupée en plastique, Bella dans toute son imperfection et sa candeur va bousculer le monde qui l’entoure. La prestation d’Emma Stone est néanmoins à l’antithèse de celle de Margot Robbie, déjantée et frénétique.

Emma Stone Premier Rôle
© Searchlight Pictures

Le rôle d’une vie

Yórgos Lánthimos réussit plutôt à Emma Stone. Après La Favorite, elle signe ici ce qui pourrait sans peine s’apparenter au rôle d’une vie. Mettant son expressivité caractéristique au service de la comédie, l’actrice de 35 ans est d’une justesse indéniable. Dès les premiers instants, elle s’illustre à l’affiche de cette fresque gothique dont elle est le cœur, elle fait battre la mesure, surplombe tout sans écraser pour autant. Son incroyable maîtrise du tempo comique, autant que sa gestion corporelle impeccable, font d’Emma Stone une sérieuse prétendante au titre de meilleure actrice de l’année 2023 aux Oscars. Elle vient de remporter un Golden Globe, amplement mérité pour ce personnage qu’elle confiait récemment imaginer comme l’héroïne “d’une comédie romantique”. À regarder Bella tomber amoureuse de la vie, c’est indéniablement le spectateur qui succombe à son charme.

Willem Dafoe
© Searchlight Pictures

Elle est entourée d’autres comédiens de sa trempe, comme le formidable Willem Dafoe et le non moins admirable Mark Ruffalo. Ce dernier n’est d’ailleurs pas ménagé par le scénario, qui tourne son personnage en ridicule dès qu’il en a l’occasion. Ruffalo embrasse cette cruauté, s’illustre comme un excellent contrepied à l’apparente candeur d’Emma Stone. Willem Dafoe maîtrise aussi parfaitement son sujet, il joue les monstres comme personne. Sa performance est sublimée par un impressionnant travail de costumes et de maquillages.

Voir la vie en couleurs

Pauvres Créatures est une exploration visuelle intense et sublime, aucun détail n’est laissé de côté. Loin de vouloir faire éclore un film historique traditionnel, Yórgos Lánthimos cultive l’ambiguïté temporelle de ses décors, de ses inspirations et de ses costumes pour faire naître un monde aux couleurs de son héroïne. Il s’empare de l’esthétique des films de monstres des années 30 autant que des fresques victoriennes pour les distordre, les détourner. Une voiture ornée d’une tête de cheval, des miroirs à oreilles, des tramways volants et un laboratoire austère, Pauvres Créatures fourmille de bonnes idées, s’illustre comme une proposition cinématographique d’un ludisme rare. Dans sa technique, sa mise en scène, le cinéaste multiplie les effets de style, usant par exemple du grand angle et du fisheye pour nourrir son récit sur la différence. Il appuie l’idée d’un cirque humain à grande échelle, que les spectateurs observent avec une certaine distance, depuis un monde bien moins fantasque, mais tout aussi fou.

Emma Stone Pauvres Créatures
© Searchlight Pictures

Le film s’ouvre sur des séquences en noir et blanc, comme pour illustrer la découverte du monde par les nouveau-nés, avant que la couleur — inspirée du Technicolor — ne s’empare de l’écran. Dès lors, le film navigue de ville en ville, Lisbonne, Paris ou encore Alexandrie toujours avec la même force créative. L’on peut voir ici un certain gothique à la Tim Burton — avec les lignes malmenées — du Guillermo Del Toro dans le propos sur la différence, ainsi que Jean-Pierre Jeunet dans l’importance donnée aux couleurs et à leur vibrance ainsi que l’onirisme de la démarche artistique.

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On terminera par la musique de Jerskin Fendrix qui parfait la copie, qui souligne toute la poésie de cette fable avec ses cordes grinçantes et sa harpe dissonante. Là encore, il s’agit d’un fin mélange d’inspirations, plusieurs univers qui entrent en collision pour faire éclore une épopée décidément atypique, mais sans aucun doute magique. Déjà le film de l’année ?

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