le triomphe d’«Oppenheimer», «Anatomie d’une chute» primé… Ce qu’il faut retenir de l’édition 2024


La déflagration annoncée a bien eu lieu : Oppenheimer a remporté dimanche l’Oscar du meilleur film ainsi que six autres statuettes, lors d’une belle soirée pour le film français Anatomie d’une chute, récompensé pour son scénario. Auréolé de critiques dithyrambiques et d’un casting impeccable, le portrait du père de la bombe atomique brossé par Christopher Nolan a largement dominé la soirée. “Je ne saurais trop insister sur l’incroyable équipe que nous avons réunie pour ce film”, a réagi le cinéaste, en profitant de son prix du meilleur réalisateur pour remercier tous les acteurs.

 

Cillian Murphy, magistral en Robert Oppenheimer, génie nucléaire pétri de contradictions et de doutes, a lui remporté l’Oscar du meilleur acteur. “Pour le meilleur ou pour le pire, nous vivons dans le monde d’Oppenheimer” et de la bombe atomique, a observé l’Irlandais. “J’aimerais donc vraiment dédier ce prix aux artisans de la paix dans le monde entier.” Son antagoniste à l’écran, Robert Downey Jr, qui campe un bureaucrate conservateur orchestrant l’humiliation publique du scientifique, a raflé le prix du meilleur second rôle masculin.

Le sacre du film a été complété par d’autres statuettes techniques – montage, photographie, bande originale – à la hauteur de la réputation de chef-d’œuvre populaire qu’il s’est forgé depuis sa sortie en salles cet été.

 

“C’est une année folle” pour Justine Triet

Anatomie d’une chute n’a pas pu jouer les trouble-fêtes pour empêcher ce triomphe annoncé. Ce thriller judiciaire sur la dégringolade d’un couple dysfonctionnel d’artistes, où une écrivaine ambiguë incarnée par Sandra Hüller se retrouve accusée du meurtre de son mari, a dû se contenter d’un seul Oscar sur les cinq catégories où il était nommé : celui du meilleur scénario original.

“Cela m’aidera à traverser ma crise de la quarantaine”, a plaisanté la cinéaste française Justine Triet, très émue, qui côtoyait Nolan et Martin Scorsese pour sa réalisation. “C’est une année folle”, a-t-elle soufflé, aux côtés de son compagnon Arthur Harari, avec qui elle a co-écrit le script.

Son oeuvre s’impose en effet comme la meilleure représentante du cinéma français à l’international depuis Amour, Oscar du meilleur film étranger en 2013, et The Artist, qui avait raflé cinq statuettes en 2012. Palme d’Or à Cannes, Anatomie d’une chute a notamment été récompensé par deux Golden Globes et un Bafta – l’équivalent des Césars britanniques.

Succès pour Emma Stone

Emma Stone a été l’autre grande gagnante de la soirée. Après La La Land en 2017, l’actrice a raflé son deuxième Oscar de la meilleure actrice pour Pauvres Créatures. Ce conte baroque de Yorgos Lanthimos a remporté quatre statuettes au total, saluant son esthétique rétrofuturiste. Elle y incarne Bella Baxter, une suicidée ressuscitée par un scientifique foldingue, qui lui implante le cerveau du bébé qu’elle portait en elle.

L’occasion pour elle de livrer une performance joyeusement régressive, en créature qui découvre le sexe et les mille autres plaisirs de la vie, sans aucune honte, ni préjugés. Ce rôle était “le cadeau d’une vie”, a réagi l’actrice, en remerciant son réalisateur et en exprimant son admiration pour toutes ses concurrentes. Cette catégorie était la plus serrée: Lily Gladstone, remarquable en Amérindienne empoisonnée par son mari dans “Killers of the Flower Moon”, de Martin Scorsese, est donc repartie les mains vides.

Nommée pour Anatomie d’une chute, Sandra Hüller a elle pu se consoler avec l’autre film dont elle était à l’affiche: “La Zone d’Intérêt” a remporté l’Oscar du meilleur film international pour sa chronique de la vie insouciante d’une famille de nazis juste à côté d’Auschwitz.

Le palmarès complet 

Meilleur film : Oppenheimer

Meilleure réalisation : Christopher Nolan (Oppenheimer)

Meilleur scénario original : Anatomie d’une chute, de Justine Triet et Arthur Harari

Meilleur scénario adapté : American Fiction, de Cord Jefferson

Meilleur acteur : Cillian Murphy (Oppenheimer)

Meilleure actrice : Emma Stone (Pauvres créatures)

Meilleur second rôle masculin : Robert Downey Jr. (Oppenheimer)

Meilleur second rôle féminin : Da’Vine Joy Randolph (Winter Break)

Meilleure musique originale : Ludwig Göransson (Oppenheimer)

Meilleure chanson originale : What Was I Made For ?, de Billie Eilish (Barbie)

Meilleur film international : La Zone d’intérêt, de Jonathan Glazer

Meilleur film d’animation : Le Garçon et le Héron, de Hayao Miyazaki et Toshio Suzuki

Meilleure photo : Hoyte van Hoytema (Oppenheimer)

Meilleurs décors : James Price, Shona Heath et Zsuzsa Mihalek (Pauvres créatures)

Meilleurs costumes : Holly Waddington (Pauvres créatures)

Meilleurs maquillages et coiffures : Nadia Stacey, Mark Coulier et Josh Weston (Pauvres créatures)

Meilleur montage : Jennifer Lame (Oppenheimer)

Meilleur son : Tarn Willers et Johnnie Burn (La Zone d’intérêt)

Meilleurs effets visuels : Takashi Yamazaki, Kiyoko Shibuya, Masaki Takahashi et Tatsuji Nojima (Godzilla Minus One)

Meilleur documentaire : 20 jours à Marioupol, de Mstyslav Chernov

Meilleur court métrage documentaire : The Last Repair Shop, de Kris Bowers et Ben Proudfoot

Meilleur court-métrage : La Merveilleuse histoire d’Henry Sugar, de Wes Anderson et Steven Rales

Meilleur court-métrage d’animation : War Is Over! Inspired par the Music of John & Yoko, de Dave Mullins et Brad Booker



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