les espoirs d’une trêve ravivés, un premier bateau d’aide déchargé



Ariane Ménage, avec AFP / Crédit photo : Yasser Qudihe / Middle East Images / Middle East Images via AFP

Les espoirs d’une trêve dans la bande de Gaza semblent ravivés après que le Hamas a assoupli ses exigences, relançant de nouveau les négociations, au moment où le premier bateau d’aide a fini samedi de décharger sa cargaison de vivres dans le territoire palestinien assiégé et menacé par la famine.

Le porte-parole du ministère de la Santé du Hamas, Ashraf al-Qudra, a annoncé tôt samedi la mort de 36 personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants, dans une frappe sur une maison où s’entassaient des déplacés à Nusseirat, dans le centre. Au total, 123 personnes sont mortes depuis vendredi soir dans l’ensemble du territoire, selon la même source. Le Hamas a fait état de 60 frappes nocturnes sur plusieurs zones, ainsi que de “violents combats” à Khan Younès, dans le sud, et à Zaytoun, dans Gaza-Ville.

 

Les informations à retenir :

  • Le Hamas a assoupli ses exigences pour une trêve dans la bande de Gaza
  • Celle-ci pourrait durer six semaines, durant laquelle 42 otages pourraient être libérés en échange de 20 à 50 prisonniers palestinien pour chaque otage libéré
  • Un bateau d’aide humanitaire est parvenu à décharger sa cargaison de vivres à Gaza
  • Selon les derniers chiffres du Hamas, 31.490 Palestiniens sont morts depuis le début de la riposte israélienne

Le mouvement terroriste palestinien, qui exigeait jusqu’ici d’Israël un cessez-le-feu définitif avant tout accord sur une libération des otages retenus à Gaza, s’est dit prêt à une trêve de six semaines, pendant laquelle 42 otages –femmes, enfants, personnes âgées et malades– pourraient être libérés en échange de 20 à 50 prisonniers palestiniens contre chaque otage libéré. Dans cette optique, le Hamas exige le “retrait de l’armée de toutes les villes et zones peuplées”, le “retour des déplacés sans restrictions” et l’entrée d’au moins 500 camions d’aide humanitaire par jour à Gaza, a indiqué un de ses cadres à l’AFP.

 

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a pour sa part déclaré que les pays médiateurs –qui ne sont pas parvenus à arracher un accord de trêve comme ils l’espéraient avant le début du ramadan lundi– travaillaient “d’arrache-pied pour combler le fossé restant” en vue d’un accord sur les otages et une trêve. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, annoncé qu’une délégation israélienne allait se rendre au Qatar dans le cadre des négociations autour de cet échange, sans préciser quand. Et la Maison-Blanche s’est dit “prudemment optimiste” pour les négociations sur une trêve.

Outre les raids et les combats, l’ONU redoute une famine généralisée dans le territoire palestinien, notamment dans le nord, ravagé par la guerre et difficilement accessible.

“Plus de bébés de taille normale”

Parti mardi de Chypre, un bateau de l’ONG espagnole Open Arms transportant 200 tonnes de vivres de l’organisation World Kitchen Central (WCK) est arrivé vendredi sur la côte de Gaza où il a fini samedi de décharger sa cargaison. “Toute la cargaison a été déchargée et est en train d’être préparée en vue de sa distribution à Gaza”, a indiqué samedi WCK, qui dit préparer un deuxième navire d’aide à Chypre, avec des “centaines de tonnes de vivres”.

L’aide acheminée par voie terrestre entre, elle, dans le sud de la bande de Gaza après avoir été inspectée par Israël, mais reste très insuffisante au regard des besoins des 2,4 millions d’habitants. Les efforts internationaux se multiplient pour tenter d’acheminer davantage d’aide humanitaire, directement dans le nord de Gaza, par des parachutages ou via un nouveau couloir maritime depuis Chypre. “Je veux (de l’aide) pour mes enfants. Je veux qu’ils vivent et ne meurent pas de faim. Ils ne mangent que des plantes sauvages, il n’y a pas de pain. Il n’y a rien à manger à Gaza. C’est le mois du Ramadan et il n’y a rien”, a déclaré à l’AFP Abou Issa Ibrahim Filfil, un Palestinien qui attend de l’aide.

L’ONU, l’Union européenne, les États-Unis et d’autres pays ont rappelé ces derniers jours que l’acheminement d’aide par les airs ou la mer ne pouvait se substituer aux routes terrestres. Le navire d’Open Arms avait été soumis au préalable “à un contrôle de sécurité complet”, selon l’armée israélienne qui impose un siège complet au territoire.

La situation est dramatique au point que “les médecins ne voient plus de bébés de taille normale” à Gaza, s’est insurgé vendredi Dominic Allen, responsable pour les territoires palestiniens du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Ils “voient plus de bébés morts-nés”, a déploré Dominic Allen qui a pu se rendre à Gaza, décrivant des femmes enceintes “épuisées par la peur, par le fait d’avoir été déplacées plusieurs fois, par la faim” et la déshydratation.

Opération sur Rafah ?

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée par des terroristes du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d’Israël, qui a entraîné la mort d’au moins 1.160 personnes, la plupart des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles israéliennes. Selon Israël, environ 250 personnes ont été enlevées et 130 d’entre elles sont toujours otages à Gaza, dont 32 seraient mortes. En représailles, Israël a promis “d’anéantir” le Hamas et lancé une offensive ayant fait 31.490 morts dans la bande de Gaza, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Tandis que les tractations s’activent en coulisses pour une trêve, le Premier ministre Netanyahu a approuvé “les plans d’action” de l’armée en vue d’une offensive à Rafah, où sont massés, selon l’ONU, environ 1,5 million de Palestiniens. Cette opération pourrait intervenir à défaut d’accord de trêve ou après une éventuelle pause de six semaines dans les combats.

“L’armée israélienne est prête pour le côté opérationnel et pour l’évacuation de la population”, selon ses services qui ne donnent aucune autre précision sur cette opération annoncée de longue date, contre laquelle les États-Unis et l’ONU ne cessent de mettre en garde.



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