qu’est-il reproché à Gérald Darmanin ?


C’est le transfert le plus cher de l’histoire du football. Celui qui a coûté 222 millions d’euros au Paris Saint-Germain pour acquérir l’attaquant brésilien Neymar, alors au FC Barcelone, en 2017. Une transaction sur laquelle auraient dû s’appliquer entre 67 et 224 millions de taxes réclamées par le fisc et l’Ursaff, selon une enquête de Mediapart et qui auraient été effacées grâce à “une faveur” de Gérald Darmanin, à l’époque ministre des Comptes publics.

Entre 67 et 224 millions d’euros de taxes sur le transfert

Fin juillet 2017, le Paris Saint-Germain s’active pour faire signer le numéro 10 de la Seleção. Pour s’attacher les services de l’un des meilleurs joueurs au monde, le club parisien n’a pas d’autre choix que de débourser la somme de la clause libératoire du joueur, établie à 222 millions d’euros. Mais le contrat de l’attaquant stipule que c’est à lui de payer cette somme au FC Barcelone. Dès lors, cette opération pose un problème fiscal puisque “le PSG doit d’abord verser les 222 millions à Neymar, avec le risque que ce paiement soit assujetti en France à l’impôt sur le revenu, mais surtout aux cotisations sociales qui financent la Sécu, comme n’importe quelle rémunération”, indique Mediapart.

Selon les calculs des avocats fiscalistes du PSG, “le fisc et l’Urssaf pourraient réclamer entre 67 et 224 millions d’euros” sur cette transaction, indique le média en ligne.

Gérald Darmanin “y travaille”

Hugues Renson, alors vice-président de l’Assemblée nationale, député macroniste, et “grand ami” de Jean-Martial Ribes, directeur de la communication du club, serait entré dans la danse à la demande de ce dernier. “Grand fan du PSG, où il rêve d’être un jour embauché, il rendait régulièrement des services au “dircom” du club, et bénéficiait tout aussi régulièrement de places gratuites au carré VIP du Parc des Princes”, détaille Mediapart.

Après un échange avec Jean-Martial Ribes, mais aussi Nasser Al-Khelaïfi, le patron qatari du PSG, Hugues Renson affirme relayer auprès de Gérald Darmanin, alors ministre des Comptes publics, le sujet du transfert de Neymar et rassure ses interlocuteurs : Gérald Darmanin “a bien le truc en tête” et “il y travaille”. 

Toujours selon Mediapart, le directeur de cabinet de Gérald Darmanin, Jérôme Fournel, aurait ainsi proposé “des pistes au PSG pour échapper aux cotisations sociales”. Le bras droit de Gérald Darmanin aurait par la suite écrit au directeur général du PSG, Jean-Claude Blanc, affirmant que la clause libératoire n’existe pas en droit français et qu’il n’y a donc pas “de règles juridiques expresses ou incontestables”, et qu’il n’est pas possible de prévoir à “100 %” si l’administration va décider de taxer ou pas, retranscrit le site d’investigation.

“Ils protégeront”

Hugues Renson aurait aussi interféré pour que le PSG soit présent à une réunion d’arbitrage au ministère, puis aurait écrit au dircom : “J’étais avec Gérald. Il considère que c’est bon […] Et ce qui compte, c’est que les documents que nous avions évoqués soient produits. Ils protégeront”.

D’après l’enquête de Mediapart, Gérald Darmanin serait ainsi intervenu pour éviter au PSG de payer entre 67 et 224 millions de taxes réclamées par le fisc et l’Ursaff : “Le club est parvenu, en seulement quatre jours, à éliminer complètement ce risque et à ne payer aucun impôt, grâce à une faveur accordée par le ministre des Comptes publics de l’époque Gérald Darmanin contre la jurisprudence de l’administration dont il avait la tutelle.”

À l’époque, Gérald Darmanin s’était publiquement “réjoui des impôts que Neymar (allait) pouvoir payer en France”, et avait garanti que son ministère allait analyser de près le montage financier du transfert.



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