Réchauffement climatique, nourriture abondante… Comment expliquer la prolifération des sangliers ?


Voir débarquer une famille de sangliers en pleine rue n’a presque plus rien d’étonnant dans certaines régions de l’Hexagone. Le mammifère, dont le poids peut facilement atteindre 80kg à l’âge adulte, est en pleine prolifération en France. Un phénomène que l’on observe également ailleurs en Europe et aux États-Unis et provoque un certain nombre de dégâts. Pour les agriculteurs, d’abord, confrontés aux ravages causés par ces sangliers qui grattent et creusent dans la terre, détruisant parfois des surfaces significatives au sein des exploitations. 

L’animal, que réside traditionnellement en forêt et loin des villes, s’aventure de plus en plus dans des zones habitées, croisant ainsi la route d’automobilistes avec tous les risques que cela comporte. Avec les trains, la collision est souvent inévitable et occasionne d’importants retards. 15% d’entre eux sont directement liés à des heurts d’animaux sauvages, au premier rang desquels les sangliers. Si leur présence sur le territoire français n’a rien d’une nouveauté, la multiplication du nombre d’individus recensés est assez alarmante. Et s’explique par différents facteurs. 

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Plus de nourriture, plus de forêt

“D’abord, il s’agit d’une espèce extrêmement opportuniste qui s’adapte partout et très facilement”, indique Thierry Coste, lobbyiste et conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs. Celui qui a participé à la création de la liste “Alliance rurale” pour les Européennes, avant de se mettre en retrait, avance un autre raison liée, cette fois-ci, au réchauffement climatique. “Il n’y a plus les épisodes de froid qu’on a pu avoir auparavant. Avant, certains marcassins mourraient en fin d’hiver, maintenant, ce n’est plus le cas”, pointe-t-il. 

De façon générale, le sanglier dispose de “tous les critères” pour se développer de façon exponentielle. Notamment de nourriture, de plus en plus abondante. “L’agriculture a augmenté et la forêt s’est étendue. Et, surtout, la culture du maïs s’est accrue”, observe Thierry Coste. Sans compter la nourriture que leur distribue, involontairement ou non, les habitants des zones dans lesquelles ils évoluent. L’urbanisation galopante peut également fournir une explication de cette prolifération du mammifère. “On a construit beaucoup de maisons dans des zones qui étaient également fréquentées par des sangliers”. Des animaux qui s’accommodent parfaitement de la présence humaine. “Ce n’est pas un animal craintif, il est parfaitement habitué à l’homme”, souligne Thierry Coste. 

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Des zones de chasse restreintes

Si ces zones pavillonnaires ne perturbent en rien le comportement des sangliers, elles restreignent les aires de chasse et freinent ainsi la régulation des animaux. “Il y a des zones qui sont moins faciles d’accès pour chasser et d’autres, dans lesquelles on a une interdiction de chasser pour X raison. Et les animaux ne sont pas fous. Ils voient bien lorsqu’un territoire est moins chassé qu’un autre et ils s’y installent”. Pour équilibrer la balance, les chasseurs doivent, par endroits, étendre leurs périodes de chasse, “même contre leur propre avis”, insiste Thierry Coste. “Moi, dans mon département, le Var, on ferme la chasse au 15 janvier, parce que c’est la tradition. Et maintenant, elle est obligatoire jusqu’au 28 février”. 

Pour juguler le fléau, Thierry Coste suggère, dans un premier temps, “de ne pas laisser de zones où les animaux très opportunistes peuvent s’adapter”. “Si un territoire est chassé quatre fois par an en battue, et que tout autour il y a de la chasse tous les week-ends, forcément, les sangliers vont s’y concentrer. Pour pouvoir gérer cette prolifération, il faut pouvoir gérer l’entièreté du territoire”, assure Thierry Coste.

En 2021, plus de 842.000 sangliers étaient prélevés sur l’ensemble du territoire français, selon les données du réseau Ongulés sauvages OFB-FNC-FDC. Ils étaient environ 35.000 au milieu des années 1970.



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