Souffler le chaud et le froid peut être utile


Qu’on se gèle en hiver vaut-il un édito ?

Poser la question comme le fait Tanguy de l’Espinay dans le Parisien Aujourd’hui en France s’est évidemment y répondre. Parce que même s’il n’y a rien d’exceptionnel à ce que la température devienne négative au mois de janvier, il y a fort à parier que ce sera le sujet de conversation numéro 1 dans les bureaux, les bistros et même déjà dans la rédaction d’Europe 1 ce matin. 

Alors pour agrémenter nos conversations sur le « Houla fait pas chaud ce matin », Frédéric Mouchon nous apprend que ce n’était pas mieux avant, qu’au début du 20e siècle, la Seine gelait fréquemment et que l’on patinait sur les étangs du Bois de Boulogne. Qu’en janvier 1985, le froid a causé la mort de 9.000 personnes en France.

Une politique qui sent le réchauffé.

Concernant le remaniement maintenant, ce n’est plus très chaud. Vendredi les gazettes nous disaient que l’affaire était pourtant brulante imminente. Ce matin, les nouvelles sont tiédasses. Pour résumer ce que vous pouvez vous éviter de lire, deux hommes tiennent la corde pour Matignon : Julien Denormandie et Sébastien Lecornu mais ce dernier serait barré par François Bayrou, affirme le Figaro. Autre hypothèse : qu’Elisabeth Borne reste finalement à son poste. Signe en ce sens : demain le Président lui a demandé d’aller au chevet des victimes des inondations du Pas de Calais et vendredi elle doit inaugurer « France Travail » le nouvel organisme qui remplacera pôle emploi, ce qui ne manque pas de sel pour quelqu’un qui pourrait se retrouver au chômage dans la foulée.

La gauche sur des charbons ardents

À gauche maintenant cela chauffe concernant la loi immigration. L’Humanité publie un appel de 201 personnalités à manifester le 21 janvier.

La lecture de la liste ne comporte pas beaucoup de surprise. Il s’agit de représentants de toutes les gauches en rangs serrés. Mais on trouve aussi l’ancien macroniste Cédric Villani, la Rabin Delphine Horwiller ou encore Jacques Toubon, celui-là même qui fut ministre de Jacques Chirac au siècle dernier !

Toujours à gauche, Libération s’inquiète du rapprochement entre les Républicains et le Rassemblement national.

Une sorte de Nupes de droite, comme l’appelle Loren Provost dans son éditorial, de plus en plus évidente depuis les débats sur la loi immigration. Et 2024 devrait continuer d’entretenir le flou, écrit-elle, tant les têtes de listes de LR du RN et de reconquête défendront des positions similaires aux élections européenne.

L’Extrême droite fait feu de tout bois

Des élections qui sont aussi au cœur d’un sondage nettement plus original que les autres. Les Echos publie la photo de ce à quoi pourrait ressembler le prochain parlement européen.

Principal enseignement : Dans toute l’Europe, les droites radicales ont le vent en poupe. Les 2 partis qui la composent pourraient obtenir à eux deux  174 sièges contre 126 aujourd’hui.

La nouveauté c’est aussi que « cette extrême droite a mis en sourdine son europhobie. La plupart de ces partis ne remettent plus en cause l’appartenance à l’Euro » souligne Thierry Chopin de l’institut Jacques Delors. « Ils n’ont plus besoin d’être aussi radicaux parce que d’une certaine manière le terrain politique européen s’est rapproché d’eux. Au lieu de quitter l’Union, ils espèrent modeler le projet européen de l’intérieur ».

L’Amérique fumante

Après l’Europe l’Amérique, parce que ça y est la campagne électorale présidentielle de novembre débute réellement…

Et tout va bien ! À une semaine des premiers Caucus de l’Iowa, Trump et Biden, auxquels les ans n’ont pas rendu service, s’accusent mutuellement de constituer une menace pour la démocratie explique Philippe Gélie du Figaro.

Et pendant ce temps-là, le Wall Street journal signale que les collaborateurs d’Elon Musk s’inquiètent eux de la consommation de drogue de leur patron. Cela commencerait à avoir de sérieuses conséquences notamment pour Space X.

On se connait ?

Mais terminons par une autre pathologie qui a droit aux honneurs des pages santé du Figaro. Et vous, est-ce qu’il vous arrive d’être incapable de savoir comment s’appelle une personne que par ailleurs vous savez que vous connaissez ?

Cela s’appelle la prosopagnosie. C’est sérieux, ça se soigne parce que c’est évidemment un peu handicapant dans la vie sociale, et cela oblige parfois à de drôles de contorsion écrit Nathalie Szapiro-Manoukian. « Je suis devenue spécialiste du petit sourire discret qui n’engage pas à grand-chose associé à des banalité », témoigne ainsi une jeune femme prosopagnose.

Comme quoi, parler du froid ou du temps qu’il fait peut aussi rendre de grands services.



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