une orque meurt au parc Marineland, le deuxième décès en cinq mois


Série noire parmi les orques du Marineland d’Antibes, les dernières en captivité en France, dont le sort fait débat : après le décès soudain de Moana, 12 ans, en octobre, le parc animalier a annoncé jeudi celui d’Inouk, 25 ans. “C’est une terrible nouvelle qui affecte les soigneurs animaliers et toutes les équipes de Marineland qui ont vu naître Inouk, il y a 25 ans”, a annoncé le parc dans un communiqué. Et en conséquence, les spectacles des orques, longtemps son attraction majeure, ne reprendront pas samedi comme prévu après la trêve hivernale.

La justice avait exigé une expertise sur les conditions de vie des orques à Antibes en septembre

Il ne reste désormais plus que deux orques à Antibes : Wikie (22 ans), sœur d’Inouk et mère de Moana, et Keijo (10 ans), fils de Wikie. Tous étaient nés au Marineland. Une autopsie doit être réalisée dans les prochains jours pour déterminer les causes de la mort d’Inouk. S’agissant celle de Moana en octobre, il avait fallu des mois d’examens et d’analyses pour conclure finalement début février à une “septicémie bactérienne aiguë qui survient naturellement dans la nature”, selon le parc.

 

Si l’espérance de vie ordinaire des orques est difficile à établir, elles vivent en général plusieurs dizaines d’années et, même en captivité, certaines ont atteint la cinquantaine. En septembre, la justice avait exigé une expertise sur les conditions de vie des orques à Antibes et précisément sur l’état de santé d’Inouk et Moana, jugé “piteux” par l’association de protection des animaux One Voice. Ses experts avaient relevé des comportements répétitifs et stéréotypés pour les quatre cétacés, des lésions sous-dermiques pour Moana et des dents usées à l’extrême pour Inouk.

“Inouk est mort dans le lieu-même qui l’a vu naître pour y être exploité. Il venait d’avoir 25 ans. Nous avions alerté sur sa santé depuis 2019… L’expertise ordonnée par la justice concernait Moana et lui. Tous deux sont morts dans les bassins crasseux du Marineland d’Antibes”, a dénoncé One Voice sur les réseaux sociaux.

Quel avenir pour les orques en captivité ? 

Selon Marineland, des experts mandatés en novembre par le ministère de la Transition écologique avaient souligné “le professionnalisme et l’expertise de l’équipe, l’adéquation des infrastructures, de l’alimentation, des soins et du suivi vétérinaire des orques, ainsi que la qualité de l’eau des bassins”.

Au-delà de leurs conditions de vie au Marineland, les orques sont au cœur d’un débat sur leur avenir alors qu’une loi de 2021 contre la maltraitance animale interdira les spectacles de cétacés en France à partir de décembre 2026 et limitera les possibilités de les maintenir en captivité. Un exercice grandeur nature avait été mené en janvier pour préparer un éventuel départ, en familiarisant les orques avec le brancard sur lequel elles devront être soulevées pour être placées sur un camion puis dans un avion.

 

One Voice redoutait de les voir s’envoler dans la foulée pour le Japon, mais le parc animalier n’a jamais communiqué sur les destinations possibles. L’association milite pour que les grands cétacés noirs et blancs, qui n’ont connu que la captivité, soit accueillis dans un sanctuaire marin et non envoyées continuer les spectacles dans un pays moins protecteur. Mais Marineland fait valoir que la France n’a pas créé de tel sanctuaire. One Voice et l’organisation américaine Whale Sanctuary Project ont proposé de “collaborer” avec le Marineland et le gouvernement français en vue d’un transfert des orques vers un sanctuaire existant au Canada.

En janvier, la justice avait ordonné au Marineland de garder ses orques au moins quatre mois, jusqu’à la remise du rapport d’expertise définitif sur leur santé. Ouvert en 1970, le parc Marineland d’Antibes indique accueillir en moyenne 750.000 visiteurs par an.



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